Aphorisme 7

Publié le par Jeanne-A Debats

Personne ne s'est encore jamais avisé de la parenté lexicale entre charnière et charnier, pourtant...

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Nathalie Dau 06/08/2011 18:21



Ah mais si : Robert Graves, dans son ouvrage "La Déesse Blanche", aux éditions du Rocher. Il explique très bien le rôle de la déesse Carnéa, préposée aux gonds/charnières, et donc copine de
Janus, lui-même préposé à la porte. Il parle aussi de sacrifices carnés, si je me souviens bien, et du lien que tout ceci a aussi avec le carnaval. Après tout, le charnier, à la base, c'est
là où on entrepose la viande "massacrée" (tuée en masse) par les bouchers.


Je ne sais pas si Jérôme Noirez connaissait ces éléments-là, où si son talent s'est trouvé inspiré par une intuition remarquable, mais il fait aussi le lien dans son époustouflant "Pour qui
grincent les gonds ?" (une nouvelle parue dans l'Emblême sur les portes dirigé par Antoine Lencou, éd. de l'Oxymore). Je ne raconte pas, ce serait un spoiler pour qui ne l'a pas lu. Mais sa porte
mange de la chair, d'une certaine façon.


Et comme la porte est aussi le symbole du changement d'année (d'où le double visage de Janus, l'un tourné vers le passé (l'année écoulée, mais aussi le temps des morts), l'autre vers l'avenir
(l'année qui débute, mais aussi le temps des vivants), j'avais moi-même exploré le thème, retenant le charnier mais pas les charnières (ma porte étant privée de vantail, puisque arche
composée de trois piliers) dans mon texte "Bonne année !" (in. Contes Myalgiques 1, éditions Griffe d'Encre).


Bisous !



Jeanne-A Debats 06/08/2011 18:37



Robert Graves avait donc lui aussi des soucis de plan de montage de meubles en hiéroglyphes, finalement c'est cohérent ^^