Mes meilleurs adjectifs
Ce week-end fut érémitique. Des monceaux putrescents de coruscantes copies à corriger auraient dû me satisfaire pourtant, et me remplir d’extase immarcescible. Cependant, ce n’est pas sans une irréfragable envie que j’ai vu quelques-uns de mes meilleurs amis, tel de rutilants navires hanséatiques, faire voile vers Épinal, aux Imaginales.
Et nombre d’adjectifs ophidiens me sont venus en tête afin de qualifier leur conduite, j’ai même émis pas mal de suppositions cauteleuses, quant à l’usage qu’ils pouvaient découvrir de leurs dispositions callipyges. Puis, quiète, enfin, je suis retournée à mes témoignages de ce que la langue française peut connaître de déliquescent et nécessiter de vicariants palliatifs*, désormais.
Ajoutez à cela que c’est aujourd’hui la fête des andouilles qui n’ont pas eu la sagesse de demeurer bréhaignes, on a oublié de me la souhaiter, ça m’agace, je suis très aporétique comme garce.
Là-dessus, je me suis fait la réflexion nuncupative autant que spumescente selon laquelle ce qui donnait un sens plus intense à la vie c’était les copains, et je suis retournée à mes mots (à mes maux) matutinaux. Ainsi, tout en pleurant des larmes céruléennes sur mes BOUTINS** DE COPIES, les surlignant d’un stylo obsidional, vengeur autant qu’incarnat, je me suis susurré avec cette ultime et capricante insulte que vraiment les adjectifs, eux, donnaient un sens plus intense aux noms.
Et j’ai laissé tomber mes ( BOUTINS DE ) copies pour rêvasser de mes meilleurs amis à mes meilleurs adjectifs.
L’écrivain le moins outrecuidant chouchoute ses idiosyncrasiques coquetteries lexicales. Moi, j’en ai plein, elles pendouillent adamantines au plafond, elles y étincèlent rubescentes, il y a même des paillettes magenta** tintinnabulantes.
Bizarrement, je reste persuadée que quiconque n’aime pas les mots pour les mots n’est pas totalement un écrivain. J’essaye toujours de placer au moins un ou deux de cette peccamineuse liste ci-dessous que l’impayable et libidineux Troll de la Forêt de Pied Ferme ne manquerait pas d’appeler « ma boîte à joncaille ».
1) Coruscant (e)
2) Adamantin (e)
3) Smaragdin (e)
4) Déliquescent (e)
5) Putrescent (e)
6) Rubescent (e)
7) Cramoisi (e)
8) Incarnat (e)
9) Zinzolin
10) Amarante***
10) Pulvérulent (e)
11) Smaragdin (e)
12) Quiet (ète)
13) Ophidien (e)
14) Cauteleux (se)
15) Immarcescible
16) Irréfragable
17) Outrecuidant (e)
18) Érémitique
19) Nuncupatif (-ve)
20) Idiosyncrasique
21) Séreux (se)
22) Rutilant (e)
23) Libidineux (se)
24) Chryséléphantin (e)
25) Céruléen (-ne)
26) Tintinnabulant (e)
27) Fragrant (e)
28) Bréhaigne
29) Capricant (e)
30) Gibbeux (se)
31) Callipyge
32) Hanséatique
33) Obsidional (e)
34) Aporétique
35) Magenta****
36) Matutinal (e)
37) Vicariant (e)
38) Spumescent (e)
39) Peccamineux (-se)
40) Éburnéen
41) Avellanaire
42) Turgescent (e)*****
* Bescherelle, Bon usage, correcteur orthographique de windaube (cas über graves)
** Je dis plus « Putain » quand je veux être réellement grossière, c’est trop soft.
*** J’aime le rouge au cas où vous ne vous en seriez pas aperçus.
**** J’ai appris le sens réel de cet adjectif l’an dernier après avoir cru toute ma vie que c’était une espèce d’orange mordoré. (IE : toutes mes descriptions de coucher de soleil sont fausses jusqu’en 2012 !!) (Heureusement que c’est pas un genre de vert pomme)
**** Last but not least