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Aphorisme 25

Publié le par Jeanne-A Debats

Il faut soit renoncer à parler avec le reste de l'humanité, soit cultiver un certain masochisme.

Personnellement, je suis bavarde.

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Sales Manies Rhétoriques 18

Publié le par Jeanne-A Debats

Vous êtes en indignation mode.

Contre ça, par exemple.

Ou ça.

Ou bien ça.

Ou encore ça.*

« ON »***vous répond d’une voix pincée :

 

« C’est beaucoup plus compliqué que ça.»

 

Traduction : « Tu es aussi simplette que ton humanisme, ma pauvre petite fille ! »

Faut avouer que 9/10 c’est un homme qui vous la balance celle-là et on peut être sûr que le monsieur trouve ses intérêts protégés tout ou partie d’une façon ou d’une autre par ce contre quoi vous vous indignez.

 

Répondre :

« Bien sûr. C’est pour ça que je t’explique »

Aller se resservir du champagne au buffet en lui transperçant le mocassin du talon aiguille au passage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*Ou même ça.**

** Parfois ça.

*** Qui ose tout et que c’est même à ça qu’on le reconnaît.

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Dix conseils à un très jeune écrivain

Publié le par Jeanne-A Debats

  (Que nous appellerons Toto afin de préserver son anonymat.)

 

Conseil 1&2

 

1) Avoir une vie d’abord : pour raconter des trucs, faut avoir des trucs à raconter. (SiSi, relis cette phrase sans remuer les lèvres, tu verras qu’elle a un sens, en fait)

Bon, je*’ t’accorde que les sœurs Brontë (Au hasard. Non je ricane pas !*), coincées dans leurs landes funèbres avec leur frère malade et leur père pasteur, n’ont pas eu la vie la plus palpitante de leur siècle mais la famille avait suffisamment de noeuds au cerveau pour se faire Indiana Jones, dans le cortex préfrontal entre deux tasses de thé. Ceci semble une spécialité anglaise, la mère Austen n’était pas mal non plus dans le genre « J’ai à peine une vie  mais je vais vous la monter en épingle

(Et d’ailleurs elle fut courte).

Être écrivain, c’est être, tout court. Déjà. De base.

(Ça marche aussi avec plombier-zingueur mais c’est moins glam. C’est vrai.)

(Cela dit, je suppute qu’un plombier-zingueur aurait moins de mal à se mettre à l’écriture que moi à la tuyauterie, faut voir.)

Quand on prétend balancer son ego dans les gencives des gens,  rendre cet ego un minimum distrayant est la moindre des politesses.

Et distrayant, ça ne veut pas forcément dire "puant d'orgueil, crevant de morgue et insupportable à ses frères humains". Je connais plein d'écrivains qui sont la crème des hommes et des femmes. Alors je sais que c'est très bien porté chez les artistes d'avoir un caractère de merde mais je jure que c'est une option totalement optionelle.

Le fait d'écrire ne fait pas de toi un meilleur humain, ça fait juste de toi un humain... qui écrit, quand d'autres améliorent tout aussi significativement la vie de leurs concitoyens en débouchant leurs conduites d'eaux usagées.

 

2) Lire, lire, lire, lire, lire, lire.

 (Même les matins où avoir une vie  consiste pour toi à tester les suites de l’ingestion vespérale en quantités déraisonnables de substances néfastes quoique légales. Pendant que tu liras, tu auras moins mal au crâne.).

 

2.a Lire pour le plaisir d’abord. Parce que, Toto, si tu n’aimes pas lire toi-même comment peux-tu espérer donner envie de TE lire ?

(Ceci est valable pour les profs^^)

 

2.b Lire pour t’imprégner et entendre la voix des autres entre leurs lignes.

(Et lorsque tu l’auras entendue : trouver la tienne propre)

(Ça vient pas tout seul – y’a toujours un passage, court chez les uns, long chez les autres – où on ne peut pas s’empêcher de beugler comme Flaubert, tonner comme Hugo, siffloter nerveusement comme Maupassant, murmurer du tentacule comme Lovecraft, enchanter comme Tolkien, ou marmoréer**** comme Howard  avant de se mettre à clamer comme soi-même.)

 

2.c Lire pour ressentir. Tout ce que les autres ont ressenti se trouve dans les livres, décliné de mille façons différentes. Ne te lance pas dans une scène « d’intimité profonde entre le héros et l’héroïne » (ou toutes sortes de combinaisons majeures et consentantes), si tu n’en as jamais lu, tout du moins.

 (J’aurais tendance à souligner a fortiori « si tu n’en as jamais vécu » ; mais et d’une, tu es un peu jeune Toto ; et de deux, j’ai jamais vécu de batailles spatiales non plus. Cela dit quelque chose me susurre que la bataille spatiale, ça peut vaguement s’imaginer à partir de pas grand-chose – genre un accident de voiture, d’avion, ou même une agression dans un ascenseur – la scène « d’intimité profonde entre héros » non. C’est pas juste, je sais, mais y’a pas de justice, c’est un fait établi depuis que tu as cessé de croire au Père Noël.)

(Ceci est valable pour tout le monde.)

 

2.d Lire pour comprendre.

(Ta vie, l’amour, les vaches, la mort, l’univers, le reste, tomber sur la réponse 42 et se dire qu’au fond tout ça n’est pas si grave)

(Ceci est valable pour tout le monde).


2.e Lire pour partager.

Avec l'écrivain d'abord, avec tes proches ensuite. Il y a autant de façon de lire un livre que d'en écrire. C'est toujours amusant de comparer les lectures qu'on fait avec celles du voisin et de visualiser le gouffre. Genre vous adorez ton binôme et toi l'oeuvre de Robert Heinlein et au fil de la conversation, tu t'aperçois que vos raisons sont diamétralement opposées. Lui, il aime les cours de balistique de 10 pages, toi tu adores les combats au canif en combinaison spatiale. Ou bien tel passage t'a semblé d'une absolue vérité qui t'a rapproché au plus près de la définition même de sensualité, pour ton voisin c'est le moment barbant où l'héroïne change de marque de bain moussant.

À ce moment-là, tu comprends plein de choses normalement sur l'acte d'écrire, de lire et de la liberté qu'on y trouve.

(Des dangers qui y croisent également.)

 

2.f Lire pour apprendre.

(OK, c’est là que ça devient chiant.)

Au moins la géométrie euclidienne.

 (Ça t’évitera de dire des conneries le jour où tu décriras 4 copains essayant de changer la moquette du Temple Maudit.)

(Mais ceci est valable également pour tout le monde, même quand on a pas de Temple Maudit en chantier, poser une moquette est un exercice délicat qui finit toujours par nous tomber dessus au moment où on s’y attend le moins).

Et pas seulement la géométrie (liste non exhaustive) :

l’art de la dentelle, de la gravure sur cuir, les grenades à fragmentations, l’araméen, la cuisine du poulet, le laadan, les porte-avions, la physique nucléaire, l’orthographe, la grammaire, la chasse au papillon ou à la baleine, la philosophie, la vie des brochets, les operas rock des années soixante-dix, les acronymes en usage dans tels jeux vidéos mondialement connus, etc, etc, etc…

Apprends ce que tu veux bordel, où tu veux et comme tu veux. Mais apprends.

 (Le collège, le lycée, la fac, ne sont pas les SEULS LIEUX au monde où l’on apprend des trucs ; même au café du coin, on apprend si on fait  un tant soit peu attention******. Cela étant, je reste persuadée qu’une bonne médiathèque, ça fait gagner du temps.)

Un écrivain qui ne sait rien – et pour commencer que tout son savoir ne compensera jamais son ignorance abyssale du reste, tel le commun du commun des mortels – n’a rien à dire (SiSi).

(Ceci est valable pour tout le monde.)

 

(Bon, à un moment un petit détour par des manuels de techniques littéraires peut pas faire de mal. Si tu tiens à passer du temps à réinventer l’eau tiède, ça te regarde, mais toutes les figures de style sont dans les manuels. De même que la concordance des temps, qui a une certaine importance dans la compréhension première d’un récit bien mené.)

( N’empêche que personne n’anacoluthe comme Ayerdhal et je suis persuadée qu’il le sait^^)

(Ceci est nettement moins utile a priori pour un plombier-zingueur, mais voir de quelle manière un auteur te mène en bateau – voire en croiseur interstellaire – peut avoir son intérêt du côté de la naissance de l’esprit critique. Notamment si cette manière est connue depuis Cicéron. Ça la fout grave mal de se faire avoir par un piège déjà obsolète du temps de l’empereur Auguste. Désolée.)

 

 

 

C’est tout pour aujourd’hui le mutant a karaté à 19h.

La semaine prochaine nous traiterons du bouillon de culture et de l’écriture

 

 

Jeanne et le Mutant.

 

 

 

*’ Ce « je » est rhétorique, nous avons décidé le Mutant et moi de faire tentacule conjointe.

* En fait si, je ricane, nerveusement. Depuis que j’ai appris que le roman «  Les Hauts de Hurlevent » d’Émily Brontë consacré livre de chevet de Bella, la chèvre** de Twilight*** a crevé les plafonds des ventes comme presque jamais depuis sa première édition alors qu’il est évident que cette chère petite Bella a déjà du mal avec un mode d’emploi de grille-pain.

** Une chèvre est l’animal communément utilisé comme appât pour attirer les tigres. See what I mean ?

***J’aime pas Twilight, Toto, tu le sais ou si tu l’ignorais, tu me pardonneras. Après tout, je suis une vieille conne.

**** Et je néologise, si je veux****

***** CQFD

****** Ne serait-ce que la différence entre un magnum et un jéroboam, ce qui est primordial pour la description d’un combat à la canette.

Publié dans D'jeun's land

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Pour Élias.

Publié le par Jeanne-A Debats

Ce post est presque un message personnel.

Il s'adresse surtout à Élias, garçon charmant rencontré en même temps que sa classe tout aussi sympathique au collège Californie à Angers, la semaine dernière.

Élias, tu as laissé un message sur la page facebook qui porte mon nom, parait-il, mais ce n'est pas moi qui l'administre*, je ne peux pas te répondre.

Tu vois, c'est ici que tu aurais pu m'envoyer ton mot, tout en bas de la page en cliquant sur "Contact", je réponds toujours.

 

Mais je t'accorde que ce blog est plutôt réservé aux adultes. Il n'y a guère qu'eux (et ils ne sont pas nombreux^^) que mes délires personnels intéressent. Je ne crois pas que tu trouves grand chose qui te fasse ne serait-ce que sourire ici.

Enfin du coup, tu m'as donné une idée : je vais ouvrir une catégorie "jeunesse" dans ces pages et cette note de blog en sera l'ouverture. J'y posterai tous les mercredis, normal.

Et je me ferai aider par le mutant**, ça lui fera une bonne raison de me montrer les abominables clips videos dont il raffole.

Pour le reste, je ne sais pas si j'ai réussi à faire de la bonne SF avec Aerosmith mais je te jure qu'on peut faire de la bonne musique avec de la SF nulle.

Tiens regarde :

 

 

* Merci à vous Sébastien et Éric de la peine que vous prenez. Notamment pour me retransmettre les messages postés. Des bisous.
** Mon fils aîné, 15 ans.

 

Publié dans D'jeun's land

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L'effet NS

Publié le par Jeanne-A Debats

 

 

Longtemps, très longtemps, trop longtemps, j’ai fait partie de la France qui se lève tôt.

Très tôt.

Trop tôt.

l'or était dans le ciel2

Toute petite déjà*’, mes parents, en bons soixante-huitards festifs qu’ils étaient, me vouaient aux Gémonies*’’ quand je débarquais dans leur plumard pour le câlin du matin aux alentours de 5 heures AM alors qu’ils n’étaient couchés que depuis 20 minutes à tout casser.

Les gens normaux en sont à leur première pause café au bureau, tandis que moi j’entame la seconde partie de ma journée. Ça m’a souvent joué des tours : genre je pète la forme, ça fait 4 bonnes plombes que je suis en vie, je tends la main et téléphone à un(e) cop qui m’envoie me faire voir chez les grecs subtilement en grommelant :

–– Ça va pas la tête ? T’as vu l’heure qu’il est ?

Ou alors (plus subtil, copa(in(e)) plus réveillé(e) ) :

––  Mhm, tu fais chier…T’es pas encore rentrée du Canada ?

Oups !*

C’est vrai que moi j’ai pris mon café, corrigé une demi tonne de copie, écrit mes vingt lignes quotidiennes (et plus si affinités), remanié un texte, rédigé une note de blog, un cours ou un article**, fait partir une lessive et la vaisselle du petit déjeuner, je suis sellée, bridée, prête à bondir.***

Une vraie pub UMP.** **

Lorsque j’avais les gosses et l’Homme (n°1 ou n°2) à la maison, ces heures magiques où personne ne bougeait nulle part sauf dans son lit étaient l’unique intervalle de la journée pendant lequel ON ne me demandait RIEN.*** ** J’y tenais comme à la prunelle des yeux de quelqu’un d’autre. *** ****

N’empêche que ce handicap social doublé d’une bonne dose de nécessité vitale me faisait souvent regarder **** **** par mes prochain(e)s comme une espèce de folle ou de sainte. **** *****

Plus maintenant. Enfin, plus trop. Je subis une concurrence déloyale. Je ne sais pas si vous avez remarqué mais depuis quelque années, tout le monde bosse, tout le temps, à des heures largement aussi indues que les miennes (quoique souvent plutôt situées sur l’AUTRE côté du cadran) mais surtout tout le monde le dit TOUT LE TEMPS.

C’est incroyable.

Dans les années 90, personne ne faisait le malin avec ça. Non, le fin du fin, c’était :

–– Je viens de passer trois semaines à rien glander aux Seychelles.***** *****

Si en prime on rentrait pâle comme une limande, c’est qu’on ne s’était même pas donné la peine de bronzer. Le summum en matière de glande de luxe. À la limite, on pouvait avouer avoir piqué une tête dans la piscine, mais c’était vraiment mieux si le plongeon avait eu lieu tout habillé et sous l’emprise de substances euphorisantes plus ou moins légales*’bis. Lire pendant la période n’était pas tout à fait considéré comme de la triche, sauf si le sujet du bouquin affichait une proximité même lointaine avec son taf ou ses études.***** ***** *

La vraie vie, c’était ça. La paresse, l’ivresse, la glandouille, le rien, le bonheur du vide – notamment intellectuel – sidéral et ultime, garanti métaphysique free. « Heureux comme un pape, actif comme un panier » pour paraphraser Brassens en illustrant la chose. C’était la CIVILISATION DES LOISIRS et on nous répétait vaguement tous les jours que chaque seconde qui nous éloignait des cavernes nous envoyait là :

non bronzer aux seychelles.

On parlait "d'aliénation par le travail". Workaholic, c'était une pathologie  mentale grave (en plus d'un mot à l'orthographe rigoureusement impossible), pas une qualité.

Le général de Gaulle lui-même nous sussurait gentiment "La vie n'est pas le travail, travailler sans cesse rend fou." Il s'y connaissait en mégalomanie, Mongénéral.

Et les robots allaient libérer la Femme et l’Homme de la servitude.

Peut-être qu’ils (elles) allaient pouvoir se consacrer entièrement un jour aux choses réellement importantes :

Décider si on en resterait aux mojitos pour le repas ou si on continuerait par un bon brouilly, par exemple.

Yeah !

La chanson a franchement changé ces derniers temps, trouvé-je. Je croise de plus en plus de gens  écrasés de boulot ou qui, du moins, le clament, le braillent, font des signaux de fumée pour signaler qu’ils triment. À fond. Dont c’est le sujet de conversation récurrent (Et attention, le sujet récurrent n’est PAS vraiment le vrai taf dont ils se plaignent mais le fait qu’ils le FONT) et jusque dans leurs statuts FB.

« J’ai la tête dans le guidon » semble être le refrain du siècle et tout en feignant de s’en plaindre, prenant des airs martyrs et dolents, on vous fait tout de même comprendre que le travail, y’a que ça de vrai, qu’on s’y épanouit et qu’on mourrait sans.

Au point que parfois, j’éprouve un certain doute quant à la réalité de l’assertion ; un peu comme lorsqu’on me répète 4 fois d’un ton pincé que « Non, non, ça n’est pas une question de personne. »  avant de me refuser un truc. Il y a des choses évidentes normalement qui n’ont pas besoin d’être dites, à moins qu’on ne soit pas intimement persuadé de leur véracité et qu’on se croit obligé de les marteler pour les mener à l’existence.

Même en classe, j'ai du mal à prôner les vertus du travail à mes élèves, enfin celles de l'épanouissement personnel. J'ai toujours refusé de jouer l'escroquerie "apprendre en s'amusant", le travail peut être intéressant, leur dis-je, c'est déjà le maximum qu'on peut lui demander. J'insiste même parfois sur le fait qu'ils vont en chier grave mais qu'il faut en passer par là pour se garantir le minimum de loisir et de liberté ultérieurement. Le travail, c'est dur ;

Bref, il faut le faire, c'est clair mais de là à en parler tout le temps, en prime ?

Non, je ne vois pas...

En outre (ma cop Anne Fakhouri n’est pas la seule à aimer cette expression, de même qu’elle se lève à des heures massivement aussi indues que les miennes) à ce rythme de vie effréné affiché avec tant de panache par quatre-vingt pour cent de mon entourage, les accidents cardio-vasculaires devraient pleuvoir comme des hallebardes, les dépressions nerveuses se suivre comme des lemmings, les suicides s’enchaîner comme des suffragettes, tandis que les crises d’amok décimeraient tous les open spaces.

On me susurre dans l’oreillette, que c’est effectivement le cas.

Moi-même, je me suis fait dire récemment par un ami :

« Tu sais que tu en es à ton troisième message « boulot » sur le forum ? »

Oups. Promis, j’l’f’rai pu.

Et pourquoi, ne le ferai-je plus ?

Parce que je ne peux pas me départir de la sensation troublante que nous allons droit au gouffre, au piège ultime avec cette glorification du boulot tout azimuts.


Pour trois raisons.

 

a) la première c’est que la plupart insistent ÉNORMEMENT sur la quantité de boulot qu’ils abattent et qu’ils glissent discrétos, sur la qualité dudit boulot. Et je trouve ça super louche. On est en plein storytelling. C’est une campagne électorale ou quoi ?

« Vite fait mal fait » c’était le refrain de ma GM, je reste persuadée que la vieille garce n’avait pas tort.

La quantité au détriment de la qualité nous savons où ça va. Sorry, mais le travail même acharné ne se conçoit pas sans talent, réflexion (et donc horreur ! Pause et regard en arrière, et donc Argh ! Perte de temps ! Et donc Oups ! Perte apparente de productivité. Et ça actuellement c’est clair, c’est le mal. Vive les tâcherons, mort à la création !) recherches etc etc…

 

b) Ensuite, parce que c’est quand même bizarre qu’au moment où le chômage crève le plafond du supportable en Europe, tout le monde se mette à agiter les drapeaux pour monter à quel point, « On » est indispensable au bon fonctionnement de la société, de l’entreprise, du couple, rayez la mention inutile.

 

c) Ça arrange qui, dites-moi, tous ces gens prêts à tout pour bosser à n’importe quel prix ? Mhm ? Elle est où, la libération de la servitude ? ***** ***** ****

 

Ça nous mène où ? ***** ***** *****

 À ce que j'appelle l'effet NS, pour des raisons évidentes que je ne me donnerais même pas la peine d'expliquer.

                                                                                                                                   

C'est-à-dire à la malbouffe, au facteur qui sonne plus et qui prétend que vous étiez absent parce que sa tournée lui impose de faire un max de boîtes plutôt que de bons services, au prof qui face à trente-cinq élèves ne peut pas matériellement donner une minute à chacun d’entre eux, à l’écrivain qui balance sagement des kilomètres de textes mal branlés mais rendus à l’heure pile poil, au SAV qui gère la colère du client pas la panne en le balançant de services en services, à la vache folle, au déni de la SF (Ah non tiens pas ça), à la petite phrase assassine dans le discours politique qui masque TOUT le fond dudit discours, aux gens qui prétendent « optimiser leur temps » en lisant de « bons trucs » plutôt que des trucs qui leur fassent plaisir, etc… enfin bref vous voyez ça va loin, et partout.

Il y a peu, on m’a demandé :

« Dis, Jeanne, comment tu fais, Tu es prof, mère de deux gamins dont un qui est autiste, écrivain. Où tu trouves le temps de tout faire ? »

J’ai répondu :

« Ben, c’est simple, d’abord j’ai pas la télé ; ensuite j’essaie pas de TOUT réussir à la fois.»

Cet aveu de non toute-puissance a scié mon interlocutrice qui tente, elle, la malheureuse d’être vraiment superwoman. Elle a complètement avalé le storytelling. Si on veut faire le boulot il faut s’y mettre, quitte à en crever. Et en parler souvent, sinon on n'est pas crédible, ni socialement acceptable. Et surtout planquer qu’on plante parfois.

Moi pas.

Je planque pas, ni que je plante souvent ni que je ne réussis pas à tout faire et vous savez quoi ?

Ça ne me pose pas le moindre problème  moral.

 J’ai renoncé depuis longtemps à être le bon dieu, je préfère les mojitos.

 

 

Je vais faire un effort de résistance, tiens.

Demain, je traîne au lit jusqu’à 5 heures et demie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*’ et bis Anacoluthe, ta mère !

*’’ C’est du latin.

* Si. Y’a trois ans.

** Oui, t’inquiète Lucie, je pense à toi.

***Bon, en échange, il est inutile de me demander le moindre travail créatif passé 14 heures.***’

***’ Rassurez-vous, ça m’empêche pas d’arriver à la bourre comme tout le monde : y’a toujours un truc que j’oublie en dernière minute.

** **Avouons aussi que je suis roulée en boule dans les bras de Morphée dès 22h si on me laisse faire ; sans compter les luxurieuses siestes que les hasards de l’emploi du temps et du calendrier me permettent de faire environ 4 jours par semaine.

*** ** « T’as pas vu mes chaussettes/cartable/clés de voiture/pull noir ? » « Maman, je mets quoi/prend quoi/vais où ? »*** ***

*** *** Un sac/ une baffe/ où tu veux mais très loin ?

**** *** Je ne tiens à RIEN plus qu’à la prunelle de mes yeux, c’est un peu mon instrument de loisirs de base, entre autres.

**** **** Par ceux que je n’ai pas réveillé indûment par un coup de fil inopportun dans la semaine précédente.

**** ***** Bon, là j’en remets un pneu, j’avoue.

***** ***** Ou à Plouvignac ker Shwartzbourg, terre de nos ancêtres, les corso-bretons.

***** ***** * On tient peut-être là un des paramètres du succès populaire de la SF dans les années 80 ***** ***** **

***** ***** ** Mais non je déconne !

***** ***** *** Surtout la femme, faut dire. On n’a pas étudié encore l’influence de l’invention de la machine à laver sur le vote des femmes. C’est dommage.

***** ***** **** Non, pas là.

***** ***** ***** Ni là. ***** ***** ***** *

***** ***** ***** * Mais dans celui des travailleurs, c’est sûr.

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Destination Univers strikes back V : Olivier Gechter, e-clones war.

Publié le par Jeanne-A Debats

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Qui êtes-vous ?

 

Ingénieur depuis 1997, auteur depuis 2001, je suis tombé dans la lecture vers cinq ans et dans la science-fiction vers douze ans. Depuis tout petit, j'ai toujours été attiré par la littérature et l'histoire (la cuisine aussi, mais c'est une autre histoire). C'est donc assez naturellement qu'un jour, n'ayant rien à lire, je me suis mis à écrire. Autre grande passion : l'ironie et l'humour. J'essaye d'en mettre partout, jusque dans ma nouvelle de Destination Univers (si, si regardez bien, c'est du troisième degré).

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Et le space op, pour vous, ça se mange ?

 

Oui, à la petite cuillère, comme du caviar. Et comme en ce qui concerne le caviar, je suis difficile. Le produit est rare et il existe beaucoup d'œufs de lump. J'ai découvert la SF vers 12 ans, grâce au space opera et mes plus beaux moments de SF viennent de ce genre : Des milliards de tapis de cheveux, Hypérion, les Loups des Étoiles, l'Étoile des Gitans et tant d'autres.

 

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Votre nouvelle, sa genèse, sa vie, votre œuvre ?

 

L'idée remonte à plusieurs années.J'avais essayé d'imaginer un scénario façon western, mais ne pouvant se dérouler que dans l'espace. Le "coup" devait bénéficier de la lenteur des transports spatiaux et de l'impossibilité d'envoyer des communications numériques plus vite que la lumière, ce qui a donné cette histoire de prime, qu'on retrouve dans le Gambit de Hunger. Évidemment, je n'ai pas eu le courage de me lancer dans l'aventure, à cette époque. Je visais un texte de deux cents pages environ, et je ne me sentais pas près pour relever le défi.

L'appel à textes Destination Univers a fait remonter l'histoire à la surface, mais avec un gros problème : comment faire entrer 200 pages dans 50000 caractères, espaces compris ? Mon premier jet n'était pas satisfaisant. Le deuxième non plus, et pas plus le troisième. Après trois heures de discussion avec un ami sans concession, la lumière est apparue : j'ai changé de personnage principal, adopté l'alternance de point de vue qu'on retrouve tout au long de la nouvelle. J'ai pratiquement tout réécrit en 1 semaine. Un accouchement dans la douleur et avec césarienne, mais j'étais assez content du résultat pour soumettre la nouvelle au comité de lecture. J'en avais tellement bavé que le fait d'être retenu a été une grande surprise. Et une grande joie !

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Vos projets, pour finir ??

 

Je viens de terminer un roman. La longue phase de démarchage des éditeurs commence. En fin d'année, début année suivante, mon recueil numérique, la Boîte de Schrödinger, va se matérialiser aux éditions Voy'[el]. J'ai aussi débuté une novella steampunk se déroulant à Paris en 1869. Peut-être un début de série, si tout va bien. Pour finir, je travaille aussi sur une bande dessinée, avec le dessinateur Ben Jurdic, sur le thème du harcèlement à l'école. Le traitement sera légèrement fantastique.

 

 

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Le laser de Cendrillon

Publié le par Jeanne-A Debats

Un des vagues avantages à la profession d'écrivain réside en ceci que les gens vous pardonneraient de vous habiller avec un bidon d'essence et un casque de pompier. On est artistes, s'pas, on est censés être des clowns. Donc ça choque personne. Et même les gens s'y attendent.

Quoique.

Je me souviens d'un jeune gars qui avait été un peu soufflé lors d'une rencontre à Antony parce qu'à sa question :

-- Vous vous habillez comme ça en classe ?

J'avais répondu, jetant un rapide coup d'oeil à mes bottes laine et cuir, mon slim cuir et mon manteau blanc chiné :

-- Je portais déjà ça hier en tout cas...

Grand silence, coup d'oeil à ma collègue dans son tailleur qui sourit bravement.

Bref.

Certains d'entre nous se baladent avec des chapeaux, des lunettes noires (moi aussi mais j'ai un certificat médical), déguisés en princesses médiévales, ou en stormtroopers.

Moi, j'ai un tropisme avec les chaussures.

J'adore ça. J'en ai des dizaines de paires et c'est la seule vue de l'univers que je dois partager avec Cory Aquino*. En outre, mon appartement est tout petit ; aussi quand je parle de ma boîte à chaussures, faut-il prendre la chose assez littéralement.

 

Voici ma dernière folie.

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Avec ma robe de pompiste de l'espace, elles seront sublimes, tout simplement sublimes. Et ce sont des Irregular Choice, grand merci à Ophélie Bruneau qui m'indiqua cette marque fantastique ce qui est bien le moins pour une auteur de Space Op.

 

 

 

 

 


* Pour le reste, sans connaître la dame, j'affirme sans crainte que nous croisons dans des galaxies opposées.

Publié dans Omphalos

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Paris for ever two

Publié le par Jeanne-A Debats

degage

Publié dans Le Murmurant Paris

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Paris for ever one

Publié le par Jeanne-A Debats

l'or était dans le ciel

Publié dans Le Murmurant Paris

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Lézards à Gros Seins* rag :

Publié le par Jeanne-A Debats

Décidément, SW, ça change pas : toujours aussi jouissif

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* ou LAGS**

**Voir dictionnaire Troll de la SF française

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