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Vampires à Contre-Emploi : Simon Bréan

Publié le par Jeanne-A Debats

And now ladies and gentlemen

Simon Bréan!!!

Vampires à Contre-Emploi : Simon Bréan

 1) Qui êtes-vous ?

Simon Bréan, chercheur en littérature s'intéressant en particulier à la science-fiction française.

 2) Et pour vous la bit-lit , ça se mange ?

Je n'ai que très peu abordé cette catégorie d'invention récente, et qui recouvre des productions disparates. Même sans chercher à faire querelle au terme lui-même, je dois avouer que je n'ai plus guère approché des vampires depuis certaines fictions qui ont signifié pour moi le summum de ce que j'attendais de cette figure ancienne : en littérature, ce qui est pour moi la trilogie d'Anne Rice (je n'ai pas vu l'intérêt d'aller au-delà de La Reine des damnés) a satisfait mon désir de trouver une forme de cohérence sociologique pour les vampires (une histoire, une mystique, des coutumes et traditions...) au cinéma, Vampires de Carpenter m'a enfin montré de vrais chasseurs de vampires, et après Blade 2 j'ai eu mon content de superpouvoirs vampiriques ; dans le domaine du jeu de rôles, l'esprit de Vampire: la Mascarade, dans sa première version, me semble difficile à surpasser.

J'ai lu et fréquenté des fictions vampiriques depuis, mais plutôt comme on retrouve de vieux amis d'enfance.

3) Parlez-moi de votre nouvelle, comment l'avez-vous conçue ?

 Une fois que j'ai compris que j'étais incapable d'écrire le texte parodique que j'avais envisagé, cette nouvelle a été conçue dans le plus grand respect pour la figure du vampire (ma dette à l'égard d'Anne Rice et de Vampire: la mascarade est évidente), .

Soucieux de trouver un angle justifiant le "contre-emploi" du titre de l'anthologie, je me suis demandé dans quelles conditions un vampire, ou des vampires, pouvaient devenir des héros, en évitant deux voies qui me paraissaient déjà explorées, la contrainte/le mercenariat (associés à un cynisme permettant de conserver au moins en parole la mauvaise réputation du vampire), et le malentendu (soit que le vampire agisse bien "par erreur", ou par pur opportunisme - et soit pris pour un héros - soit qu'en dépit de ses particularités vampiriques, il ait bon coeur).

Pour faire en sorte que mes vampires se montrent héroïques sans compromettre la version canonique (violent, assoiffé de sang, manipulateur...), j'ai donc envisagé un ennemi qui leur soit supérieur, et qui les place en situation d'alliance objective avec leurs proies habituelles (nous).

 J'ai été aussi guidé par le souci de faire du récit un texte de science-fiction, sans la moindre ambiguïté. J'ai repris la logique suivie par Matheson en donnant à voir une sorte de réalité biologique du vampire, mais j'ai tenté de fonder cette réalité sur autre chose qu'un virus, ou tout autre facteur biologique, qui me paraît de nature  justifier une infection telle que celle des zombies (qui correspond en fait au vampirisme de Matheson sur bien des points), mais pas la gamme particulière des facultés vampiriques.

De là , un réseau d'images s'est mis en place assez naturellement. Une expression latine est vite devenue la synthèse de tous ces aspects-là, et elle m'a inspiré le titre et la forme prise par plusieurs éléments importants. Au fond, je souhaitais examiner le vampire "sub specie aeternitatis", "en prenant le point de vue de l'éternité" (species m'a, on le devine, orienté vers speculum, le miroir).

 4) Vos projets ?

 J'ai plusieurs ambitions concurrentes. Il faudra d'abord déterminer leur compatibilité. D'ici-là, l'éternité attendra.

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Vampires à Contre-Emploi : Curval

Publié le par Jeanne-A Debats

And Now Ladies and Gentlemen

PHILIPPE CURVAL !!!

 

 1) Qui êtes-vous ?

Je suis ce que je suis et j’y pense activement. Car, si j’apparais en tant qu’être humain, c’est une illusion que j’entretiens. En réalité, je vis à mesure que je m’écris. Par conséquent, les amis, les parents, les proches, les ennemis, les gens que je côtoie, les livres, le cinéma, les paysages, les rues, les restaurants, les villes, les pays, les avions, les voitures, les avancées de la science, les chiens, les boissons pétillantes, le vin, notre planète, le soleil, l’espace et les vaisseaux qui vont avec, etc., font partie d’un roman (dont je publie de temps en temps des extraits) que j’ai commencé en naissant et qui n’est pas terminé pour l’instant.

 

2) Et pour vous la Bit-lit , ça se mange ?

 Pourquoi pas ? C’est le nom d’un vaisseau qui a fait naufrage dans les glaces avec le commandant Charcot.

 

3) Commment avez-vous conçu votre nouvelle ?

 Comme les vampires ont cessé depuis longtemps de m’intéresser, je l’ai conçue à partir d’un calembour, Vent pire, qui, chemin faisant, s’est transformé en Pire que le vent. À partir du titre, l’histoire est née sans peine. Jusqu’à ce que je me souvienne d’un petit roman du milieu du siècle dernier, où l’auteur avait inventé des suceurs d’argent qu’il nommait des eupires. Ce qui m’a conduit vers le retournement final de ma nouvelle.

 

4) Vos Projets ?

 Une nouvelle sur Paris  our le dixième anniversaire de La Volte, une nouvelle pour le numéro spécial de Galaxies sur le capitaine Némo, destinée à la convention S.F. d’Amiens. Un roman dont j’ai écrit les trois quarts dans un style très différent du mien, dont le sujet porte sur l’art dans le futur. L’édition complète d’Akiloë dont il n’est paru que la moitié. Un roman antibiographique racontant pourquoi et comment un jeune terroriste en puissance devient un auteur de science-fiction. Sans compter un best of de mes nouvelles et de nouveaux “décollages”.

 

Vampires à Contre-Emploi : Curval

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Un livre Smaragdin

Publié le par Jeanne-A Debats

 

 shaya_.jpg

 

Bon, oui, Sylvie Lainé est une copine.

Et certes, elle est hyper vivante. Cependant, vous conviendrez que je ne me fends pas souvent d’une chronique à propos d’un auteur vivant, surtout proche.  Quand on a décidé comme moi de ne causer en littérature [i] que de ce ou ceux qu’on aime, on est rapidement accusé de copinage ou de lâcheté. Surtout que les vivants courent vite.[ii]

Alors, la lâcheté d’accord.

Parfois d’aucun[iii], ajoutent l’hypocrisie à la liste, mais non, celui-là se goure, l’hypocrisie serait si je ne le disais pas à l’impétrant lorsqu’il me pose la question. Or je le fais. Lorsqu’on me demande, et qu’on me demande vraiment, [iv] il m’arrive en privé de dire tout le mal que je pense d’un bouquin. Simplement, j’estime que ce n’est pas à moi, auteur, de retirer si peu que ce soit la cuiller de soupe de la bouche d’un autre auteur, donc je la boucle… en public.

Par ailleurs, c’est tellement ennuyeux de chier sur un bouquin, tellement facile. La blague à deux balles, le jeu de mots qui tue, l’accusation perfide, le mensonge pur et simple mais invérifiable (les meilleurs) et le procès d’intention, la liste est infinie des petits artifices dégueus qui permettent de faire ricaner [v] son lecteur à peu de frais[vi]

En revanche, dire du bien et rester haletant, c’est beaucoup plus difficile, et d’ailleurs c’est bien simple…[vii]

 je n’essaierai même pas.

 

 

shaya-.jpg

 

Disons-le net, j’ai tout lu Sylvie Lainé.[viii]

J’ai tout aimé. Il en est que j’ai adoré [ix] mais j’ai tout aimé.

Avant-hier, j’ai refermé l’Opéra de Shaya en soupirant, c’était déjà fini. 

C’est le problème avec les nouvelles, c’est court. [x]

C’est court, mais quand c’est bien fait, c’est dense. C’est toujours très dense avec Sylvie Lainé.  Simplicité, sobriété, densité, limpidité, de ces quatre mots, il est possible d’imaginer son style[xi]  La petite Sylvie Lainé qui passait sa philo jadis devait avoir bien du mal à sortir plus d’une double page pour ses disserts, elle avait dit l’essentiel, l’essence, pourquoi rajouter du gras ? Bon, et au passage, elle devait bien se payer la tête de ses professeurs, mais n’anticipons pas…

J’avais déjà lu Petits Arrangements Intergalactiques dans l’anthologie Contrepoints. Qu’il vous suffise de savoir que c’est drôle et intelligent, du pur Lainé qui éclate de rire face aux feux du soleil[xii] et des entités roses[xiii].

Un Amour de Sable est une merveilleuse nouvelle pleine d’un humour tout en délicatesse, ces gens qui se baladent au bord du gouffre sans y penser, qui y échappent sans le savoir, c’est tout le splendide aveuglement de l’humanité.[xiv]

Je ne causerai pas non plus de Grenades au bord du Ciel qui parut précédemment dans Utopiales 2013 sauf pour dire que jusque-là je pensais qu’elle lui vaudrait au moins le Rosny voire le GPI cette année, sauf que, sauf que depuis…

Ben, il y a cette novella, là, l’Opéra de Shaya. Lisez L’Opéra de Shaya. Relisez l’Opéra de Shaya ! Apprenez-la par cœur pour la rentrée, y’aura contrôle !

Voici ce qu’en dit son éditeur :

 « So-Ann, née dans un vaisseau spatial, a du mal à s’habituer aux coutumes étranges et contraignantes des mondes où se sont établis les humains. Alors quand elle entend parler de Shaya, cette planète où la faune et la flore sont en totale empathie avec ses visiteurs, elle n’hésite pas une seule seconde. Mais en vérité, qui s’adapte à qui ? Quels mystères se cachent dans ce monde qui semble idéal ? »

C’est juste la surface, bien sûr, une surface qui ressemble à un Deathworld inversé (ou pas), une surface qui possède des accents de Le Guin et de Mc Intyre. Qui aurait sans mal pu flirter avec Egan, vu le bagage de la dame et elle l'a fait quelques fois...

Mais...

c’est là que j’ai compris une chose d’elle, de Sylvie, toujours drôle, toujours simple, toujours lumineuse; ou qui passe, souriante à demi, de la lueur à l’étoile. Non, Sylvie Lainé, ça n’est pas simplement, une de nos meilleures novellistes française, voire LA meilleure, non.

 

Elle est, en toute transparence, la Ligne Claire de la science-fiction française.

L’Opéra de Shaya en est la coruscante[xv] preuve.

 

shaya32.jpg

 

 

 

 

[i] Parce que pour le reste, je ne me prive pas.

[ii] Et moi pas, surtout avec mon épaule en rade en ce moment.

[iii] Vi B’NB , c’est de toi que je cause mais pas méchamment, tu sais bien.

[iv] Ou qu’on m’emmerde, ça peut aussi

[v] D’ailleurs, j’adore le Blog de l’Odieux Connard.

[vi] Ou les merveilleux extraits, trempés dans le cyanure et la mauvaise foi,  du courrier des lecteurs de Fiction dont Philippe Boulier nous abreuve malicieusement sur FB en ce moment. Il va le vendre son Bifrost Poul Anderson^^ !!

[vii] Huhu. Même pas honte.

[viii] Enfin tout ce qui est paru en recueil : le Miroir aux Esperluettes, Espaces Insécables, Marouflages et en prime les Yeux d’Elsa qu’elle m’envoya jadis avec le magazine dans lequel parut cette nouvelle.

[ix] Un signe de Setty, Une bulle d’Euze.

[x] En revanche, on peut faire durer un truisme, tant qu’on veut.

[xi] Et moi avec mes pampilles et ma joncaille, ça me bluffe total.

[xii] Je sais, je m’autocite, c’est MAL.

[xiii] En revanche, le rose, c’est BIEN.

[xiv] Et qui me rappelle, le nombre de fois où dans la vraie vie je tombe des nues parce que je n’avais même pas vu qu’il y avait un loup… Il ne m’a pas bouffée parce que je ne le regardais pas, c’est tout. Mon drame permanent.

[xv] Ben voui, là, smaragdin, c’était dur à replacer

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scriptor in bibliotheca

Publié le par Jeanne-A Debats

Ce que j’adore avant de commencer un nouveau texte, ce sont les endroits farfelus où la nécessité de documentation nous entraîne.
Apprendre de nouvelles choses chaque jour est un bonheur, un plaisir.

 

  orang-copie-1.jpg

En soi.


Tout cela parfois pour répondre à des questions tout à fait dérisoires :

 

 



— Est-ce que les baleines vomissent ?
No news, j’ai fait comme si.


— La liste de tous les objets verts possibles 

(Et dans cette liste, une grenouille particulière de l’exacte nuance désirée, un vert un peu bleu tirant sur le céladon, sisi ) 

(Phyllobates terribilis)

(le céladon ça se voit pas bien sur mon écran, mais en vrai, ben c'est c'est vrai^^)

 

 

P.terribilis-copie-copie-2.png

 


(Ainsi que celle des adjectifs relatifs à la couleur verte)

(Que je vous livre ici in extenso)


Vert (ben tiens) (derrière on peut rajouter : pomme, gazon, wagon… etc mais c’est triché)
Émeraude (vi)
Smaragdin, e (je le colle partout celui-là, c’est un défi.)
Jade (huhu)
Tilleul
Prasin
Céladon
Véronèse
Viride
Anis
Sinople
Olive
Opalin, e
Pistache
Turquoise
Glauque (spé cassdédi à Vordaï)


— À quelle vitesse un corps se vide-t-il de son sang sous haute gravité ?
Très, très vite (Dixit un mien camarade médecin qui fut l’un de mes correcteurs pour Stratégies du réenchantement)


— Quelles plantes étaient utilisées comme pessaire abortif dans les forêts d’île-de-France au Moyen-Âge ?
Je me contenterais de dire que c’était croquignolet (et dangereux)


Pour Lance, dans l'anthologie Lancelot de Bagneux, je me suis lancée (huhu) dans des recherches tous azimuts sur la lance, les nazis, Hitler, non pas seulement historico-barjotes mais aussi  vers ce qui s’était fait d’excellent sur le thème dans d’autres genres, d’autres inspirations.

 

hitler.jpg

 


. (D’où le Tezuka que je conseille à tous et qui est un cadeau  de l’homme de ma vie).

 



Un texte donc, ça n’est pas seulement sortir de soi une histoire mais en faire pénétrer d’autres, c’est une magie à laquelle je ne renoncerai jamais.

Publié dans Scriptor in fabula

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Je hais les acteurs

Publié le par Jeanne-A Debats

Ben Hecht, célèbre scénariste et romancier, a écrit un livre assez fun un jour, un polar déjanté avec monsieur Irma à turban et orgies hollywoodiennes :

"Je hais les acteurs"

Et j'avoue, j'avoue, je partage sa position.

Bon, pas au point de sauver le monde de ces raclures à coups de pic à glace comme dans le bouquin. D’autant plus que le mutant, fils aîné de mon église, fait tout ce qui est son pouvoir pour appartenir à cette secte pénible. Les enfants savent trouver mille moyens tordus pour vous décevoir..

La norme déceptive parentale, c'est quand même dealer du shit… Non, lui c'est déclamer du Shakespeare en prenant des airs de cormorans sur un rocher battu par les vents du Bosphore.

(Ne ricanez pas, je les ai vus, rien au monde n’arbore un air plus orgueilleusement pathétique que ces bestioles.)

La Preuve :grand-cormoran-1.jpg

 

Par ailleurs, je n'ai rien contre le fait qu'une branche de l'art quelconque fasse de la métabranlette à propos de son Arrrrrrrt.

Ou même se livre à la drosophilie rétrograde, antérograde et même plantigrade à son propos.

 (Moi, la première, bref...)

(Attendez mon prochain post de blog…)

Mais de tous les artistes (à part peut-être les plasticiens contemporains), rien ne me fout dans une colère plus noire que l’acteur de théâtre ratiocinant sur les grandeurs et les misères du métier.

Surtout quand en prime, ils glorifient des méthodes pédagogiques qui tiennent du terrorisme, et que j'abhorre tout particulièrement...

(Donner des instructions cryptiques, pousser le débutant à se planter gravement, l'écraser ensuite, soi-disant pour le "libérer". De quoi ? Certainement pas de son gourou de prof à qui il lèche les bottes pour éviter la prochaine baffe.)

Ceux de cinéma ne me font pas cet effet-là, même quand ils se livrent aussi à la métabranlette. Ne serait-ce que parce qu’en fait, c’est le réalisateur qui joue avec ses marionnettes. Le truc surtout, c’est qu’au cinéma, je ne les vois pas eux. L’ego passe difficilement la barrière de la pellicule.

Tandis qu’au théâtre…

L’ego dégouline, sue, cerne et noie les spectateurs dans une vague de guimauve autocentrée et de private jokes poussives.

Quel que soit le rôle, quel que soit le talent, la modestie, ça n’est pas le rôle que je vois, c’est le type. Et celui-là n’est pas comme Juliette ou Roméo, on ne me l’a pas présenté, je n’ai pas forcément envie de le connaître.

Ben non.

Voire pas du tout, vu que je ne confonds pas le rôle avec le type, et que le mec/la nana celui avec le/laquel/lle ça m’intéresserait de causer, c’est le/la scénariste ou le/la dramaturge.

(Donnez-moi 5 mn avec Hélène Cixous qu’on s’engueule^^)

Je ne suis pas de celles qui se ruent à l’entrée des artistes.

Et ça me fait chmirr d’applaudir.

SiSi.

Et pas seulement à cause de ma fibromyalgie qui rend l’exercice douloureux. Je suis gentille (SiSi), j’applaudis forcément. À moins de trois rappels, je me sens coupable. Et je déteste cette prise d’otage affective.

Parce qu’ils aiment ça, ces cons. Et que si on ne le fait pas, ils vont se suicider au cointreau fraise ensuite. Alors quelle qu’ait été l’étendue de mon ennui, pendant les heures perdues devant la pièce, j’applaudis.

En râlant.

Moi, lorsque je finis un bouquin, je m’offre un verre whisky avec mon bonhomme, parfois on va au restau, mais je convoque pas le ban et l’arrière ban pour qu’il me congratule. Bienheureuse encore, quand un brave garçon (merci Lone Sloane au fait) vient me dire trois ans plus tard que la Vieille Anglaise lui a bien fait plaisir, à lui l’amateur de SF.

Parce que lui, au contraire de certaine encyclopédie de SF récente,  s’est aperçu que j’en écrivais^^.

Bon, c’est vrai que depuis un moment on a FB, pour poster nos affres écrivaillones, et que les copains viennent liker en masse nos succès ou nous balancer du câlin à tour de bras en cas d’échec. Mais ce n’est pas pareil, d’ailleurs 80 pour cent d’entre eux sont des auteurs, des vieux copains ou même nos éditeurs. Et puis on fait pas payer pour ça.

Sauf Annie Hernaux.

Un danseur classique de ma connaissance me déclarait il y a peu : « La danse doit paraître facile ; tout doit paraître évident, transparent. Le spectateur ne doit pas sentir les heures de travail, de sueur, de larmes derrière, c’est irrespectueux pour lui et au fond ça ne lui raconte qu’une seule histoire : celle de l’artiste. Dont  il se fout. »

Quant à Stanislas Lem, il disait de la SF que c’était la seule littérature à se préoccuper de l’humanité, les acteurs de théâtre se contrefoutent de l’humanité comme de leur premier loup en dentelles. Ces dernières années, ce qui les branchent, ce sont les acteurs et le théâtre.

Et moi je m’en tape.

Je ne dis pas que ça ne fait pas de bonnes pièces, je ne dis pas qu’elles sont mal jouées, ni mal montées. Je dis que ça m’emmerde et que ça me fout en colère.

Je m’explique assez bien d’ailleurs cette colère, elle n’est pas dénuée de mauvaises pensées.

Mon problème avec ça, c’est l’ego (encore une fois). Et moi-même je n’en suis pas dépourvue, c’est le moins qu’on puisse dire. Les acteurs qui se regardent dans le miroir et détaillent leur nombril m’en tendent un autre TRES grossissant où je n’aime pas me regarder.

En gros, la coquetterie, je comprends, ô combien, j’ai des milliers de pampilles à la maison pour en témoigner, mais la métacoquetterie, je trouve ça indécent et superfétatoire.

Ça me donne chaque fois une envie folle d’envoyer tout ce petit monde torturé pousser des wagonnets au fond des mines, histoire de lui apprendre la véritable signification du mot « affres ».

Je suis désolée vraiment.

Et à part ça « La Marionnette et son double et Vitez en effigie » au Théâtre aux mains nues à Paris 20° est pas du tout un mauvais spectacle, c’est même souvent très rigolo, très bien joué, juste,voilà, c'est du théâtre.

Avec des acteurs.

 

(Mon dieu, y'avait même du Claudel !)

 

MOI, mon ego, je.

 

Si pas vous, allez-y.

 

moliere.jpg

 

T'façon, j'aime pas Molière.

 

Et j'assume.

 

(sisi, même dans Dom juan)

 

(Sorry)

Publié dans BadtasteReich

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Bagneux 2014 : Lancelot

Publié le par Jeanne-A Debats

 

À Bagneux, Jérôme Vincent, anthologiste, nous déclare :

 

 

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David Khara...

Publié le par Jeanne-A Debats

Et pour fêter  la semaine du salon du livre, notre invité  est un talentueux auteur de thrillers,


Mesdames et Messieurs,


(roulements de tambours)


David S. Khara

 

Khara.jpg

 

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Changelin II

Publié le par Jeanne-A Debats

barre-angelot

Certains cris sont devenus des mots. Et l’enfants des fées vous aime, ou a confiance en vous. La différence est ténue, alors vous vous en fichez. Vous pouvez le toucher, l’apaiser parfois d’une caresse, il semble aimer que vous lui chatouilliez le creux de la main, ou cet espace tendre entre les omoplates.


Vous savez que c’est extraordinaire. Ses pareils ne supportent pas souvent le contact, les baisers. Les approcher revient à les torturer. Vous pensez à ces autres parents qui n’ont même pas cela : quand le vôtre vient briser vos genoux en les escaladant comme des montagnes, ou enfonce votre sternum d’un coup de coude, ou saisit la chair à pleines mains comme si vous étiez d’acier ou un meuble.



Parce que c’est plus pratique pour monter.

 

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Lui, quand il tombe, quand il se cogne, quand il se relève, front ou rotules en sang, il ne pleure pas. Il ignore la douleur, le froid, la faim. Un jour, il chute de son lit, il faudra trois points de suture ; il regardera le médecin le recoudre, sans bouger, sans anesthésie, juste curieux.


C’est un enfant de pierre.

 

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Ainsi, un autre jour, il attrape une bronchiolite. Le flapping ne fonctionne pas : il est hypertonique et ça ne date pas d’hier. Impossible de le masser au niveau de la poitrine, chaque muscle est tendu au maximum. Le kiné a beau s’escrimer, il ne peut rien faire. Rouge, en sueur, furieux, il se tourne vers vous et hurle avec colère et dédain, l’insondable dédain des soignants pour les mères, leur méfiance instinctive, comme s’ils avaient affaire à des rivales :


-- Sortez, madame ! Vous l’autorisez à me résister !


Vous vous apprêtez à balbutier que ce n’est pas vrai. Mais c’est l’époque où l’on ne cesse de seriner que tout ce qui arrive est de votre faute, parce qu’il faut bien que vous compreniez que vous n’AIMEZ PAS cet enfant. Oui, cet enfant avec lequel vous passez des heures à lui montrer un geste désespérément simple : comment sourire, tenir un jouet, allumer la lumière, faire des bulles dans le bain, mâcher un bonbon, reconnaitre le rouge du bleu, connaître son nom, y répondre.


Cet enfant-là, sachez-le, vous ne l’AIMEZ PAS.

 


 

 

Alors, vous baissez la tête. Coupable, forcément coupable. Heureusement, le père est là. Il repousse fermement le kiné, prend l’enfant sous son bras et vous, son ex-compagne sous l’autre, il sort calmement, sans rien dire.

Le kiné vous poursuit la facture à la main, le père se retourne comme un serpent et siffle :


-- Dis-toi un truc, connard, si je sors mon chéquier, ce sera pour te l’enfoncer dans le cul !


Le kiné vous laisse partir, tous les trois, béant et blême.


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C’est l’époque où l’on vous a tellement piétinée, crucifiée, méprisée, que vous la guerrière, n’êtes plus qu’une ombre pâle retenant l’enfant de force vive au bord des gouffres.

 

Toute la force qui vous reste.

 



Mais le père n’est pas toujours là. Il a été muté, loin. L’ombre doit se résoudre à porter sa cuirasse quotidienne et vaciller sous son poids dans les rues, de médecins en écoles, de psychomotricien en psychanalyste, d’hôpital en centre de ressources. Votre vie n’est plus qu’une salle d’attente semée d’exemplaires défraîchis de l’autojournal.


Mais chaque jour, à six heures, il est un oasis.

Malgré tout.

 

CT0557


C’est un rade minable sur le boulevard d’une ville de banlieue. Il s’appelle l’Escale et son patron Driss est un grand mec jadis brun, aujourd’hui d’un blanc de neige en frisettes. Les pattes d’oies au coin de ses yeux sont deux sourires éternels, plantés de chaque côté de son long visage basané.


Il vous voit arriver avec la poussette et se précipite vers vous.


-- Salut, Madame JAD, allez vous mettre en terrasse ! On vous a gardé votre place,  Momo vient tout de suite !


L’enfant regarde le grand homme se courber sur lui pendant qu’il le détache de sa poussette avant de l’emporter, calé sur sa hanche. Vous vous effondrez à la place susdite. Le garçon, Momo, vous sert un café à la cardamone, brûlant comme l’enfer, sucré comme la vie.


-- Prenez votre temps, Madame JAD, ils jouent.


Vous fermez les yeux pour la première fois de la journée. Les copains entrent et vous saluent au passage. Vos muscles se dénouent. Dans votre dos, des cris et des rires éclatent. Des tintements, parfois un verre brisé. Momo sort, dans ces moments-là, en vous assurant que c’est lui, le coupable. Vous savez qu’il ment, que l’enfant a eu un geste trop brusque ; mais vous acceptez le cadeau de ce mensonge avec une reconnaissance si totale que vous ne levez même pas un sourcil.


Votre café est bu, vous vous relevez et entrez à votre tour dans le café pour régler l’addition, il est temps de retourner à la maison, le soir tombe.


 L’enfant est perché sur les genoux de Driss, sur le haut tabouret de bar derrière le zinc.

 Les mains plongées dans la caisse, il envoie billets et pièces de monnaies aux quatre vents en poussant des cris ravis quand ils retombent en pluie un peu partout. Les clients hurlent de rire en ramassant le butin afin de réalimenter le mini- terroriste en projectiles. Le désastre est total, et la joie générale.


— On en fera pas un capitaliste, madame JAD, conclue sérieusement Driss.



 Vous riez, et cette fois c’est un vrai rire.

 

 

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Changelin I

Publié le par Jeanne-A Debats

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Imaginez que vous ayez un bébé parfait. Il est beau. Il est gracieux. Il est fort. Il fait ses nuits quasiment tout de suite, et elles sont longues. Vous oubliez vite l’horreur qu’a été votre accouchement pour adorer ce miracle qui gémit à peine pour signifier qu’il a faim, puis, repu, sourit aux anges dans son berceau. Il gazouille, parfois même il rit tout seul. Vous ne savez pas pourquoi, mais vous riez avec lui.


Vous avez tort de rire.


Puis il apprend à marcher et l’enfer se déchaine. Il ne gazouille plus, il hurle. Des cris terribles, térébrants, des cris qui vous prennent aux tripes avant de vous assourdir. Des cris qui vous tuent. Des cris qui ne s’éteignent que lorsqu’il s’endort. Parce que le vôtre dort… d’autres comme lui ne dorment jamais, leurs parents en meurent.


Vous, vous survivez.

Tout juste.

Mais vous survivez.


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Il ne marche pas d’ailleurs, il vole. Il est partout à la fois et nulle part. Rien ne l’arrête, ne l’apaise, ne l’intéresse. Il ne prend plaisir à rien et c'est sans doute cela le pire. Les fées sont venues, elles ont volé l’enfant parfait et l’ont remplacé par un des leurs qui meurt de ne pas dénicher Avalon.


Il est autiste.


Un jour, le mot tombe comme une condamnation, on vous le donne, on vous en fait l’aumône, mais le plus souvent, il vous a fallu l’arracher ; personne ne souhaitant jamais vous dire la vérité -- de peur de "verrouiller le diagnostic", vous dit-on.


Mon cul.


1sculpt.jpeg


 On a eu surtout peur de vous regarder en face au moment de l’énoncé. Peur que vous compreniez que ces interminables séances de psychanalyse ­ -- où l’on a essayé de vous faire avaler, jour après jour, que votre enfant mourait de votre soi disant désamour, où l’on vous a soigné, vous, d’une maladie que vous n’aviez pas, sans traiter ses symptômes à lui, qui le tuent et vous tuent --  n’ont servi qu’à vous épuiser un peu plus, qu’à assurer  sur vous la toute-puissance d’un soignant terroriste.


Ce même soignant se montrera encore plus nuisible plus tard --, incapable de se remettre en cause, ni lui, ni le credo de sa chapelle, malgré les faits nouveaux, les études récentes qui lui ont hurlé encore plus fort que votre enfant qu’il se trompait, que son église avait tort.

Lorsque vous lui écrirez qu’on a diagnostiqué votre enfant et que vous le priez d’écouter mieux ses patients la prochaine fois, pour faire moins de dégâts, ce soignant ne vous répondra pas. Mais dans votre dos, il écrira à son tour une lettre aux nouveaux praticiens en charge de votre fils pour les prévenir que vous êtes fabulatrice et dépressive.



hermann-goering-dr-mengele.jpg

(D'accord, c'est un point godwin, mais je m'en tape et le pense .)


Cela dit, dépressive vous l’êtes, surtout si la dépression consiste à manifester du chagrin devant les événements malheureux.


Puis, l'enfant grandit. Il progresse, lentement, mais il progresse. Vous vous battez pour chaque acquisition qu’un enfant normal obtient sans y penser. Il faut même le forcer au plaisir. En attendant, il vous traverse si vous vous dressez sur son chemin. Il ne sait même pas qu’il est là, comment se rendrait-il compte de votre présence ?


 Il est assez grand pour faire un peu de sport. Vous pensez que le contact avec les animaux, une façon différente de penser le monde, lui permettrait de voir les choses autrement. Vous l’emmenez apprendre à monter à cheval. Tout va bien, les moniteurs sont patients, dévoués. L’heure qu’il passe à la carrière monté sur son poney docile, vous vous reposez un peu au club-house devant un café, le seul café tranquille et silencieux de votre semaine.


Vous respirez.


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Doucement, pour ne déranger personne.


 

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Un jour, le téléphone sonne. Le moniteur répond en mettant le haut parleur. Et votre café  gèle dans votre tasse parce que voici ce que vous entendez :


­­-- « Bonjour, je suis madame XXX, la maman de la petite Y. Je tiens à vous rappeler au préalable que ma fille vient cinq fois par semaine. »


Le moniteur, perplexe :


-- Je suis au courant. Et ?


-- « Avec d’autres parents, nous sommes réunis et nous sommes tombés d’accord : le petit handicapé que vous accueillez dans le groupe de ma fille nuit à la rapidité de ses progrès ainsi que de ses petits camarades, nous pensons que pour le bien de tous, il vaudrait mieux qu’il aille dans un autre cent… »


Le moniteur a coupé le son. Il se tourne vers vous et vous dit d’une voix très douce :


-- Sortez, Madame JAD, s’il vous plait.


Anéantie, vous obéissez. Vous êtes si écrasée qu’aucune pensée cohérente ne fait surface. Vous vous adossez au mur de vieilles pierres, au soleil. Dans le lointain, vous entendez votre enfant crier. Mais depuis le temps, vous avez compris que ce cri-là est un cri de joie et d’amusement. Votre tête est vide. Vous attendez le retour du moniteur. Sachant ce qu’il va dire…


Il sort enfin, se roule une clope et l’allume avant de dire :


-- C’est con…


Glacée, vous ne parvenez pas à répondre. Il ajoute en tirant sur sa clope :


-- Va falloir que je remonte un autre groupe autour de votre gremlin, je viens de virer cinq  graines de salopards.

 

 (to be continued)

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Rupture Post-moderne

Publié le par Jeanne-A Debats

(Paris, Août 2013)

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Le serveur :


"Excusez moi, Madame, j'en ai pour une minute: je suis en train de rompre avec mon ex"


Moi :

"En effet, c'est difficile de rompre avec une ex. Prenez votre temps ! "


Lui :

" C'est super compliqué, vous voulez dire ! Je sais plus quoi mettre en statut facebook !? "


Moi :

"Vous souffrez beaucoup, donc  ? "


Lui :

"Oui. Bizarre, hein ?"

 

 

(Cute)

 

 

 

 

 

(Et là tout d'un coup, je pense à ce pauvre FH que d'aucuns s'amusent à décrire en redoutable prédateur sexuel parce qu'il a eu 4 femmes officielles dans sa vie ^___^)

 

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( Flamby ! )


 

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