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Requêtes en toc : la récolte du jour

Publié le par Jeanne-A Debats

jeanne a debats

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Vous êtes arrivés, prenez un siège, la bière est dans le frigo

le blog des énormes seins

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8

Vous n’êtes pas arrivés ne touchez pas 20 000 (ni à rien), mais la bière est dans le frigo. Et les lézards ont de petits seins.

secret prometheus

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Vous êtes arrivés, prenez un siège, la bière est dans le frigo

seins blog

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5

Vous n’êtes pas arrivés ne touchez pas 20 000 (ni à rien), mais la bière est dans le frigo. Voir lézards.

jerphagnon les armes et les mots

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4

Y’a un article mais c’est une nécro totalement inutile pour rédiger ta fiche de latin, tu veux un coca ?

complots vingtième siècle

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2

Vous êtes arrivés, ici niche l’âme damnée, la Jézabel fardée, du grand complot international visant à faire de la Science Fiction un sujet du CAPES. Les cagoules et les torches sont à la patère, servez-vous.

dan simmons position           

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1

J’aurais tendance à parier pour le missionnaire mais c’est totalement intuitif (et je ne le regrette pas). Un martini ?

raymond queneau

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1

Y’a un article mais c’est une déclaration d’amour totalement inutile pour rédiger ta fiche de français, tu veux un coca ?

team-a

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1

C’est pas là, mais tu leur diras bonjour de ma part.

mammouth

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 1

Il n’y a que trois mammouths sur ce blog, l’EN, le prix Rosny et moi. Je ne suis pas ce mammouth que vous recherchez.

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Eloge de la frivolité

Publié le par Jeanne-A Debats

N'en déplaise à l'oncle Joe qui m'a offert ceci la dernière fois que l'on s'est vus :

 

l'épave inutile

 

 

Je maintiens que la frivolité est indispensable au bonheur de l'être humaine normale alors du coup je me suis offert ça* :

 

fantaisie.jpg

 

 

Les deux iront très bien dans mon intérieur so zazen.

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Dreams are my special relativity

Publié le par Jeanne-A Debats

La question Galiléenne tout d’abord  :

si l’on se trouve embarqué en un cauchemar sur une douce mer de divagations sans l’ombre d’un accroc réaliste comment savoir si l’on cauchemarde étant donné que par définition, il ne saurait y avoir d’observateur externe ?

Et dans ce cas de figure, un cauchemar de Mainstream vaut-il mieux qu’un cauchemar Science Fictif ?

Question subsidiaire : les Scifans font-ils plus de rêves à connotations science fictives que les amateurs de scrabble* ?  (Bon, un autre exemple)  Les joueurs de go** ? (Bon, un autre exemple)  Les supporters de foot*** ? (Bon, un autre exemple)  Les gens normaux**** ?

Bien.

Donc cette nuit, j’ai tenté l’expérience pour le groupe sci fan*****.

Soit****** :

a) un cauchemar post apo avec l’humanité tout entière coincée dans un avion géant sur  un aéroport désert, le narrateur en « enfant de sexe indéterminé » fuyant des armées teigneuses.

  (Réveil : 2h30 AM)

b) un rural thriller*****, avec un pyromane rigolard qui commence par faire cramer les arbres voisins, puis une baignoire abreuvoir et ensuite, revisitant le coup du loup dans les 3 petits cochons, versant du fuel dans la marmite par la cheminée.

Enjeu : sortir avant qu’il ait terminé et fait tout sauter, l'arrêter ensuite.

 Là, ça vire un peu SF : le coupable dingue et joyeux est envoyé dans un centre de détention qui est aussi un centre de recherche virale. Il se défait de son escorte avec une dent creuse revolver, se réfugie dans un waldo (imaginez un type coincé dans un costume de Robbie) et finit par être neutralisé par un courageux soldat en waldo plus petit qui se sacrifie en bombe humaine contre l’autre waldo.

 (Réveil : 4h30 AM)

c) le sujet (moi)  repasse le bac, toute nue, et ne sait pas sa leçon.** ** ***

(Réveil : 6h30 AM)

 

Conclusions de l’étude : du point de vue de l’efficacité (sueur, palpitations) le cauchemar science fictif l’emporte sans coup férir et en se payant le luxe d’une  pointe sans hâte d'angoisse aux alentours des petites lueurs de l’aube.

Le cauchemar science fictif peut inclure des éléments Mainstream MAIS ce ne sont jamais les plus effrayants** ** ****

De facto, en ce qu’il fait appel aux profondeurs les plus enfouies et mythiques de notre imaginaire, voire de notre psyché les jours de grands vents, je ne crains pas d’affirmer que le cauchemar SF est massivement supérieur au cauchemar mainstream et que l’on ne s’y ennuie jamais.

Alors qu’ au bac…***** *****

Bon maintenant, qu'on m'amène un gens normal !***** ***** *

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Eh, Jeanne, il y a de bonnes chances pour que l’Amateur de scrabble y joue en Klingon !

** Idem.

*** Pour rêver, il faut un cerveau.

** ** Houston, nous avons un problème de définition.

** *** SI si, UN sujet est représentatif pour le groupe sci fan, c’est déjà un centième de l’effectif  en France

*** *** Why not ? Quand il y a des poules au lieu de poulets ?

*** **** Lecteur, l’un de ces trois rêves est totalement fictif (à défaut d’être potentiellement science fictif)  (ça arrive tout le temps dans les labos, les résultats fantômes, surtout au CERN et chez AREVA).

** *****Le bac est un rêve récurrent chez les profs à l’approche de juin, lorsqu’ils se rendent vraiment compte qu’ils envoient une centaine de chères têtes de toutes couleurs se ramasser un trauma comme le leur…

** ** **** Encore qu’être poursuivie par une bouillotte peut avoir son charme.** ** *****

** ** ***** Authentique.

***** ***** C'est rien, j'ai seulement super mal dormi^^.

***** **** ** Démerdez-vous.

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Le laser de Cendrillon

Publié le par Jeanne-A Debats

Un des vagues avantages à la profession d'écrivain réside en ceci que les gens vous pardonneraient de vous habiller avec un bidon d'essence et un casque de pompier. On est artistes, s'pas, on est censés être des clowns. Donc ça choque personne. Et même les gens s'y attendent.

Quoique.

Je me souviens d'un jeune gars qui avait été un peu soufflé lors d'une rencontre à Antony parce qu'à sa question :

-- Vous vous habillez comme ça en classe ?

J'avais répondu, jetant un rapide coup d'oeil à mes bottes laine et cuir, mon slim cuir et mon manteau blanc chiné :

-- Je portais déjà ça hier en tout cas...

Grand silence, coup d'oeil à ma collègue dans son tailleur qui sourit bravement.

Bref.

Certains d'entre nous se baladent avec des chapeaux, des lunettes noires (moi aussi mais j'ai un certificat médical), déguisés en princesses médiévales, ou en stormtroopers.

Moi, j'ai un tropisme avec les chaussures.

J'adore ça. J'en ai des dizaines de paires et c'est la seule vue de l'univers que je dois partager avec Cory Aquino*. En outre, mon appartement est tout petit ; aussi quand je parle de ma boîte à chaussures, faut-il prendre la chose assez littéralement.

 

Voici ma dernière folie.

C6311A00B-104@1.1

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec ma robe de pompiste de l'espace, elles seront sublimes, tout simplement sublimes. Et ce sont des Irregular Choice, grand merci à Ophélie Bruneau qui m'indiqua cette marque fantastique ce qui est bien le moins pour une auteur de Space Op.

 

 

 

 

 


* Pour le reste, sans connaître la dame, j'affirme sans crainte que nous croisons dans des galaxies opposées.

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Maere dans le Mur

Publié le par Jeanne-A Debats

 

 

En réponse rapide à Maere qui pose la question dans un commentaire un peu plus bas :

Oui, ma belle, ma mauvaise humeur a à voir avec ça.

Mais aussi avec le flot de commentaires de tous bords que je vois fleurir à droite et à gauche.

Pas seulement parce qu’il existe TOUJOURS des psychanalystes qui s’accrochent à l’autisme comme la punaise de lit au matelas alors que leur nocivité (non je ne parle même plus d’inefficacité à ce stade) en ce domaine a été largement démontrée. Non, pas seulement à cause d’eux.

Bien que.

Mère d’enfant autiste, tu imagines ce que j’ai enduré, ce que j’ai affronté, ce que j’ai appris.

De la culpabilisation des mères à leur disqualification permanente par des gens qui ne se rendent pas compte à quel point ils ont un problème AVEC LES FEMMES, problème qu’ils justifient comme jadis on justifiait l’esclavage des noirs, à coup de sauce scientiste à peine délayée d’une pincée de beaux arguments d’autorité paternelle indiscutable via Lacan, ce putois jaune, comme disait Brétécher.

Je tiens à le dire ici : la seule envie de pénis que les femmes (en tout cas, celle que je connais) ressentent est une envie d’ordre strictement hétérosexuel dans le cadre de relation majeure et consentante, n’en déplaise à Freud et consorts, à moins qu’on fasse du pénis la seule icône acceptable du pouvoir  (oui, oui, il m’arrive d’avoir envie de pouvoir, pas vous ?), mais dans ce cas, ils feraient mieux de cesser de se la mesurer.

Ça les détendrait.

Quant à dévorer leurs enfants, les bouffeurs de gosses désolée, ce sont les hommes en général, les ogresses sont moins nombreuses que les ogres dans la littérature occidentale, ce me semble, et le mythe a un sens, je le crains, en psychanalyse.

Les femmes, il leur arrive de tuer leurs mômes, c'est vrai, de les congeler, de les nier ; mais c'est surtout parce qu'on leur a raconté toute la vie qu'elles ne seraient de vraies femmes qu'après en avoir eu.

Le jour où la réalité tombe (c'est à dire qu'être une vraie femme consiste à avoir les mains dans la merde, être surbookée, épuisée, sans vie perso, ne plus ressembler à rien et être toute dévouée à un truc qui ressemble longtemps à une amibe, puis finit par lui cracher à la gueule dès que ça atteint ses quinze ans, pour enfin souffler au moment où elle n'est plus baisable par quiconque et là, cerise sur le cheesecake, l'amibe se tire vivre sa vie) et bien ce jour-là, certaines pètent un câble, parfois dans les grandes largeurs.

Et c'est logique, même si c'est atroce, car à la hauteur du mensonge dans lequel on les a tenues.

Il faudrait également qu’ils (les psys) règlent leur problème avec la fonction répressive de la psychanalyse (vi, vi, répressive) car soigner une pathologie mentale, ça n’est rien d’autre que de la répression plus ou moins douce, vu qu’il s’agit en général de réinsérer le malade dans le social qui le rend dingue.

Afin que :

a) ça le rende moins dingue

b) le social l’accepte un peu plus y compris s’il reste des traces de dinguerie.


Je sais, c’est horrible de se dire :

« Au fond, on est des flics de la pensée, nous qui prônons en face la liberté absolue de l’individu de ressentir les choses et antipsychiatrie, et patati et patati et patata », yeurk.

Je les comprends, c’est dur, mais il y a des paradoxes comme ça, l’éducation des enfants en est pleine :

Genre :

a)« Je t’aime plus que tout au monde, mais si je veux t’élever comme un bon parent c’est pour t’apprendre à te passer de moi »

ou

b) « Je veux que tu sois libre de toi et de ta pensée, en conséquence je t’inculte de vive force, mais plus ou moins larvée, deux ou trois règles notamment morales infrangibles par toi, sur lesquelles j’espère que tu t’appuieras pour grandir et faire un adulte valable »

c) (et ce n’est pas le moindre des paradoxes) « Même et y compris si j’ai été un adulte contestable »

Freud, qui ne disait pas que des conneries, mais en écrivait aussi, a notamment bramé qu’un enfant, ça n’était pas un être humain miniature, mais un être humain en devenir.

Un truc pas très loin de la bête sauvage et qu’il fallait dresser.

Les termes sont forts et personne j’espère n’éduque plus à la prussienne, mais le fond reste vrai : il faut pour les enfants comme pour les fous, comme pour ces étranges étrangers que sont les autistes, poser un cadre solide dans lequel ils puissent se développer et un jour être assez bien pour en choisir la couleur, la forme, le fond et peut-être aussi l'image.

 

Alors oui, je suis de mauvais poil.

Pas tellement à cause des psychanalystes dont je n’attends plus rien (en ce qui concerne l’autisme)  mais parce que les tenants de l’AUTRE BORD, celui dont je suis, commencent à me les chauffer également.

Bordel, mais vraiment, c’est impossible d’abattre une religion sans la remplacer par une autre ?

Les TCC, c’est très bien, c’est génial, je m’en suis servie, mais je n’en ai pas fait une religion. J’aimerai que les miens ne lynchent pas les psychanalystes, ils peuvent encore servir, si, si.

Notamment à moi qui ne suis pas autiste, mais qui suis passablement névrosée, fatiguée et quelquefois désespérée.

Il y a deux psys qui m’ont suivie pendant la petite enfance de mon gremlin, ils m’ont empêchée de le tuer, ils m’ont aidée à lui survivre aussi et ils m’ont accompagnée longtemps.

À ces deux psychanalystes* non culpabilisateurs, qui savaient où ils pouvaient agir, qui prenaient compte du monde, qui se foutaient de l’origine, mais ont bossé à rendre le PUTAIN DE SYMPTOME supportable, je dis merci.

Pour moi.

Pour mon fils.

Jeter CES psys-là, ceux qui s'interrogent, qui aident, jeter la psychanalyse en la confondant avec ceux qui s'en sont parés pour mieux régner, avec ceux qui ont cru avec Lacan qu'on pouvait diriger les consciences à 100 euros la séance d'un quart d'heure, me semble le comble de la connerie en barre pour ces gens, les miens, qui se sont battus pour TOUT essayer, tout tenter afin d'offrir la vie à leurs enfants.

Bref, le jour où les gens feront dans la nuance, sans jouer à "qui n’est pas avec nous est contre nous » et "Brûle ce que tu as adoré, adore ce que tu as brûlé", je serai moins en colère.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* En revanche, je veux ici dire tout mon mépris au connard incompétent qui après avoir nié que le gremlin était autiste m'a fait venir deux fois par semaine pour lui parler de la mienne de mère, sans rien faire pour m'aider avec le gosse, avant que je pique une crise et menace de tout casser dans son cabinet s'il ne se passait pas enfin quelque chose.

Ce même connard, qui des années plus tard, alors que lui avais envoyé une lettre lui expliquant par le menu le diagnostic posé sur le grem, combien il m'avait nui personnellement et lui demandant de bien vouloir ne plus faire perdre leur temps et leur énergie  à des parents épuisés, s'est permis d'écrire dans mon dos aux soignants qui s'occupaient du gremlin en s'inquiétant de mon état "dépressif".

Celui-là c'est ma main dans la gueule, de même qu'au kiné de merde qui m'a agressée dans son cabinet parce que "j'autorisais mon gosse à lui résister" pendant qu'il tentait du flapping pour sa bronchyolite.

(Essayez le flapping sur un gamin autiste, vous m'en direz des nouvelles)

 

 

Ah oui tiens je suis super en colère.^^

 

 

 

 

* Tous les deux lacaniens à la base, comme quoi, hein ?

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C'est donc pour ça...

Publié le par Jeanne-A Debats

 


 

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My synchronicity

Publié le par Jeanne-A Debats

Vous vous rappelez les "Horreurs du 5 Octobre" dont les cataclysmes furent précédés à trois heures du matin par le décès inopiné du créateur du computeur domestique ?

Nous  vivons désormais dans un monde où Bill Gates (le Mal) triomphe tandis que l'Antéchrist (Zuckerberg) tweete sa tristesse d'être séparé de son père adoptif car le Bien (Steve Jobs) vient de succomber aux facéties de son pancréas. Les cygnes* de l'Apocalypse se rassemblent, aurait-on dit, et ils ont tout à fait l'air d'être chefs d'escadrilles.

Les médias s'en font l'écho à qui mieux pire, et j'entends les youyous des pleureuses et les grattements de lyre des hagiographes qui font trembler la toile d'un bout à l'autre.

Ils vont finir par réveiller l'Araignée avec leur boxon.****

Au final, le newbie qui ne saurait rien sur rien en ressort avec l'impression que SJ***** guérissait les écrouelles et embrassait les lépreux.******

 

À ce stade, je ne peux pas m'empêcher de penser que cet homme aurait fait médecine au lieu de bidouiller des puces, il aurait peut-être trouvé un remède au cancer...


Trève de plaisanterie, hier j'ai terminé dans mon lit ma énième****** lecture du Comte de Monte-Cristo et tandis que je tournai les dernières pages, je lis distraitement le titre de l'ultime chapitre :

"Le Cinq Octobre".

Si.

Le livre s'achève  tandis qu'à l'aube du lendemain, Maximilien Morrel contemple la voile de Monte-Cristo emportant son bienfaiteur rassassié de vengeance et ébloui d'amour aux pieds de la belle Haydée.

La vie commence donc un six octobre, selon Dumas.

Et ça m'arrange.


 

 

 

 

* Notamment sur les plans d'eau.**

** Et dans "plan d'eau", il y a le mot"plan" et ce n'est pas un hasard, évidemment!

*** Moi y compris même si je suis loin d'être un media, ou alors un in media res.

**** Oui, je suis une paranoïaque de la métaphore, et alors?

***** Steve Jobs.

******Peut-être pas les lépreux chinois, qui sont censés porter des gants lorsqu'ils assemblent les I-Phone à 25 centimes de l'heure.

******* Je me souviens très bien de la première. Elle m'absorbait si fort l'été de mes treize ans que je ne sortais plus de la voiture parentale . Éventuellement  pour me nourrir  et encore. Alors que nous étions en Grèce et visitions ce que l'art de ce pays a donné de plus beau au monde. Excédée, ma mère craqua un jour et m'arracha le deuxième tome  pour le balancer dans la fontaine d'Aréthuse, où il doit continuer à se déliter depuis. Nous ne nous sommes jamais vraiment pardonné cet épisode, l'une l'autre.

Publié dans Omphalos

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Le bug du 5 octobre

Publié le par Jeanne-A Debats

Hier, c'était l'horreur, ma Réalité Restreinte Postmoderne s'est effilochée, puis est partie en n...*ouilles.

Déjà, dès l'aube, à l'heure où blanchissent les hauteurs des tours jumelles de la Porte de Bagnolet, j'appris en ouvrant mon navigateur préféré** que la section "Commentaires et Administration" de ce blog allait être fermée pour maintenance entre neuf et dix heures environ.

C'est à dire que pendant UNE heure terrrrrrrihible, le monde allait être dans l'incapacité de me faire savoir ce qu'il pense et moi infichue de lui répondre. Le sentiment de perte, d'angoisse et de solitude qui me saisit alors n'a rencontré d'égal je pense que dans ce qu'a pu ressentir le héros du "Désert des Tartares" une bonne partie du roman.***

That was my first clue.


Ensuite, j'eus deux heures de cours un poil chaotiques car la bécane de la classe affichait une certaine résistance butée à :

a) faire fonctionner son moniteur

b) sélectionner la bonne liste de classe

c) accepter de prendre en compte le cahier de textes virtuel.

That was my second clue.


je crois que les élèves m'ont trouvée  pénible, même pas relativement, ainsi qu'en témoignent les phrases construites afin de rendre compte de la fonction attribut du sujet sur leurs copies :

je cite

-- Le professeur est nerveux. (Tb)

-- La professeure est agacée (Tb+, fonction respectée, plus accord de l'adjectif, plus political correct, tout ça en une phrase ! Du grand art. Nous applaudissons la petite A.)

-- A. est punie .*** (b)

-- L'ordinateur est tapé par la prof. (I, sans compter la délation)

 

Ce qui m'a conduite à énoncer pour moi-même l'axiome suivant :

 

La joie de vivre de la femme postmoderne suit une courbe directement proportionnelle à l'accessibilité du réseau.

Et son corollaire :

La joie de vivre de ses élèves suit exactement la même courbe avec un intervalle de deux minutes environ.

 

Mais baste, je refusai de me laisser abattre et continuai mon bonhomme de chemin jusqu'à la récré qui m'apporta dans mon casier le poulet suivant :

VOUS ÊTES INSPECTÉE LA SEMAINE PROCHAINE.

Ok, me dis-je, ça continue, jamais j'aurais dû oublier cette dent de requin porte-bonheur offerte par l'oncle Joe.


J'affrontai avec une certaine sérénité résignée les deux heures suivantes, selon le sain principe que ça ne pouvait pas empirer, en quoi j'avais redoutablement tort et le tort tue.

Pardon.

Enfin, je sortis, et d'un  pas joyeux**** entrepris de rentrer chez moi tout en appelant une de mes bests friends via mon portable du futur afin de lui faire part de l'exécution sommaire qui m'attendait la semaine suivante.

-- Ni fleurs, ni couronnes, l'informé-je d'un ton sobre auquel elle n'eut pas le temps de répondre.


Soudain, sur mon frèle poignet d'intello anorexique, un choc! Mon portable choie et un individu s'en emparoie avant de filer comme une lamproie vers les ruelles qui poudroyoient.


J'en aurais pleuré, c'eut été mon quatrième portable de l'année.

That was my third clue.


Mais, ça n'était pas son jour à lui non plus, à l'individu, deux hommes surgirent alors et le plaquèrent au sol. Des flics. En civil. Les copains de l'individu nous rejoignirent et il y eut un échange sans ambiguité entre les jeunes et la police, les premiers intimant aux seconds de relâcher la victime de la société qui tentait de leur arracher les mamelons avec les dents******, les seconds bramant contre le 17 qui restait muet. Finalement, les flics, l'individu******** et moi-même nous nous repliâmes à pied vers le Bloc.

Oki. S'ensuivit une après-midi éprouvante où je constatai avec tristesse, que l'individu était mineur, avec consternation, qu'il n'y a aucune boulangerie potable à proximité du central du vingtième arrondissement, avec amusement, que les cafés policiers valent largement le café éducatif, et, avec ahurissement, que les logiciels de la police sont massivement obsolètes********, même en comparant avec ceux de l'EN, vu qu'ils datent, ainsi que me le confia un charmant officier, des années 80 et furent conçus pour des fonctionnaires, tous partis à la retraite depuis, et qui ne voulaient rien avoir à faire avec l'informatique, de près ou de loin.

That was my fourth clue.


Bon, je vous passe les angoisses du prof portant plainte contre un mineur, quand il est bien conscient que sa mission de base est de SORTIR les mômes du trou pas de les y coller au fond. Mais ses petits camarades ayant jugé bon de me menacer directement si je portais plainte, en gueulant qu'ils me connaissaient, ne m'avaient pas laissé le choix ; il fallait justement qu'ils me connaissent vraiment : j'ai leurs petits frères en classe. 


Bref. Je récupérais mon portable du futur à l'issue d'une longue et douloureuse procédure avant d'enfin rentrer chez moi et constater que l'intégralité du cahier de texte depuis septembre que je comptais coller dans la bécane du collège********* avant l'arrivée de l'inspecteur avait disparu dans une panne inopinée.

That was my fifth clue.


Aujourd'hui, j'ouvre mon navigateur et j'apprends que :

Steve Jobs est mort hier !!!

Moi, je dis : c'est cohérent.

 

 

 

 


Mais j'ai remis Godzilla dans mon sac.

À tout hasard.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* C.

** Je collectionne les navigateurs, ça me donne l'impression d'être à la tête d'une organisaton d'espionnage industriel.

*** Jusqu'au moment où les Tartares arrivent et butent ENFIN tout le monde.

**** Parfois la créativité de mes élèves s'exerce contre leurs petits camarades qu'ils adorent déf/noncer dans leurs copies, braves petits.

***** Le pas d'un prof n'est jamais allègre on se demande pourquoi.

******Authentique.

******* à l'insu de son plein gré.

******** On est loin, très loin, des Experts.

********* Qui ne fonctionne que depuis la semaine dernière, ceci explique cela.

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Confinement pour risques majeurs.

Publié le par Jeanne-A Debats

  (Je rapatrie cette histoire de mon ancien blog parce que je l'aime bien)

 

Le professeur de latin interrompt le film en demandant :

            — Dites-moi en quoi cette scène extraite du film  Jules César relève de la haute fantaisie hollywoodienne?

            Un grand jeune homme l'air timide lève le doigt et répond :

            — Ils sont tous debout le verre à la main autour du buffet, on dirait l'anniv' de mariage de mes parents ...

            Un autre interrompt :

            — C'est peut-être la casio au poignet de Jules, Madame ?

            Il y a un temps d'arrêt, personne n'avait remarqué ce détail et le professeur s'apprête à demander doucement à l'impétrant s'il a bien connu César pour se permettre de l'appeler par son petit nom. Mais une sirène stridente interrompt tout cela tandis que la voix du Principal du collège, tel l'ange embouchant la première trompette, glace l'assistance :

            — Confinement pour risque majeur. Les professeurs et leurs classes doivent regagner au plus vite leur base prévue.

            Les élèves aguerris se contentent de saisir le manteau et se rangent bien en rang, deux par deux. Ce qui prouve bien que c'est faisable nonobstant  leurs protestations véhémentes passées lors des fins de récréation. Le professeur prend la tête du cortège après ce bref avertissement :

            — Restez en rang, ne courez pas. Si l'air est contaminé, vous respirerez beaucoup plus de cette saleté que si vous marchiez tranquillement.

            Le matheux du groupe prend l'air songeur, le professeur l'entend presque effectuer les calculs sous son scalp embroussaillé, mais elle ne lui laisse pas le temps de se lancer dans la contestation probabiliste :

            — On y va.

 

           La salle F est en vue. Deux classes y sont déjà installées dans le plus grand désordre. Le professeur de latin réprime à grand-peine l'envie de claquer la porte DEVANT elle. Mais on ne se refait pas quand on est né responsable, elle respire un grand coup - tant pis pour les vapeurs toxiques - et rentre.

            Ça cause haut et fort, la cantine de secours n'est pas ouverte, l'appel n'est pas fait. Le prof de latin inspire à nouveau pour aboyer :

            — 4°A, contre le mur du tableau, 4°B sous les hublots, 4°C, le mur mitoyen.

            Ce sont les parois les plus éloignées ou dépourvues de fenêtres. Pendant ce temps, elle clôt les stores avec deux de ses collègues tandis que le professeur de musique se saisit du talkie-walkie dans la cantine et annonce très pro :

            — Salle F, effectifs complets, terminé.

            Ça dure deux heures. Tous les quarts d'heure, la voix de l'Ange Protecteur grésille sur le talkie et exige le point sur les effectifs, les blessés potentiels, les ressources à disposition. Les élèves vautrés par terre en profitent pour se faire des papouilles sous les tables, plus ou moins discrètement, ou discutent sotto voce, voire les deux. Le professeur de latin respire mal, déteste tout et tout le monde et rêve de se jeter par la fenêtre.

            Tout se passe donc bien jusqu'à ce que l'extraterrestre de service intervienne :

            — Madame ?

            — Oui, répond le professeur de latin avec lassitude

             Elle ne connaît pas cet élève, mais sent une tension soudaine dans l'assistance et se prépare donc au pire.

            — Si c'est la centrale nucléaire qui pète de toute façon, le talkie-walkie ne fonctionnera pas, c'est stupide.

            Sourire torve du petit malin.

            Le silence tombe sur la salle, les latinistes ricanent, l'extraterrestre non plus ne connaît pas le professeur de latin.

            — Tu penses à l'effet électromagnétique à la suite de l'explosion ? Selon toi ça fusillerait toute l'électronique c'est ça ?

            L'extraterrestre est un peu soufflé, c'est le cas de le dire, il pensait seulement mettre le prof en difficulté. Au lieu de ça, elle rétorque sérieusement :

            — Je ne sais pas si Tchernobyl a eu cet effet-là, je ne crois pas. Cela dit, les risques majeurs comportent d'autres possibilités que le danger nucléaire, à ce moment-là les talkies-walkies resteront de première utilité.

            À ce stade de la conversation, le ton a radicalement changé : les deux interlocuteurs commencent à s'échauffer, ils ne s'opposent plus : ils créent un monde à eux deux. Leurs mains volent devant eux pour appuyer leur point de vue, soutenir celui de l'autre. Et ils continuent gaiement tous les deux à deviser de fin du monde et de post-apocalypse, énumérant les risques auxquels on peut s'attendre compte tenu de l'environnement technologique de la région, son potentiel sismique, une ou deux guerres conventionnelles ou pas, leurs conséquences, ce qui pourrait servir ou non, les résultats au niveau santé. Bref, ils ne s'ennuient pas une minute sur fond de cataclysme planétaire.

            Autour d'eux en revanche, l'atmosphère s'est assombrie, on ne discute plus on murmure et la consternation accompagne la conversation passionnée et terrifiante des deux malades mentaux.

            Fin d'alerte, le talkie-walkie grésille une dernière fois.

            L'extraterrestre prend congé du professeur de latin avec un joyeux :

            — Au prochain confinement, Madame.

            — Avec plaisir, répond-elle souriante.

            Et c'est sincère :

 si elle n'est pas confinée avec l'extraterrestre au prochain exercice, le professeur sait qu'elle restera dehors, cette fois.

 

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Scènes de la schizophrénie ordinaire 1

Publié le par Jeanne-A Debats

Ce qu'il y a de terrible dans la vie, c'est que tout le monde a ses raisons, disait Jean Renoir dans son film fabuleux "La Règle du Jeu" * et moi de rajouter :

"Il vaut mieux éviter de connaître celles des autres, ça permet de ne pas hésiter une fois le doigt sur la gâchette."

 

Parce que voyez-vous, si on sait, on comprend ; et si on comprend, on compatit, ou on est con tout court, au choix, voire en binôme.

Rien n'aide mieux à se coller une bonne schizo et ainsi mieux comprendre les soucis du voisin que se retrouver un jour de l'autre côté d'une barrière qu'on a l'habitude de considérer d'ailleurs.

Par exemple, je suis prof, mais bêtement je me suis reproduite avec un optimiste délirant et du coup nous avons eu ce qu'on appelle un enfant officiellement, et un gremlin, parfois un alien, rationnellement.

Les enfants sont la plaie** du prof au quotidien, surtout quand ils le poussent à se transformer en PARENT d'ÉLÈVES !

Argh!

  Ainsi, il y a quelques années, l'Héritier se trouva embringué dans des soucis avec son professeur principal et sa mère*** fut convoquée par la dite collègue.

D'une petite discussion avec l'Héritier, il était ressorti que la collègue appartenait à la catégorie de profs nuisibles qui confondent autorité avec hystérie et grattage de papier au km avec pédagogie. La parole seule de l'Héritier ne suffisant pas (vous n'imaginez pas le nombre de profs séropos, dépressifs, ou simplement SS que cet enfant a prétendu avoir : à ce stade, l'EN aurait été un vaste asile)**', une conversation avec la CPE et le médecin du collège confirma la chose cependant : la collègue était vraiment branque.

Ça arrive, il y en a.

Comme partout.

Sauf que là, je savais que la méthode classique de réclamation "Si tu continues à emmerder mon môme, ça va chier" n'allait pas fonctionner. Je connais ce genre d'oiseau, si je faisais mine de foncer dans la dame, l'Héritier passerait le reste de l'année au bagne.*****

 

Aussi, suis-je arrivée à la convocation, tout sucre, tout miel, toute compassion, toute sainteté.*****

  Et lorsque la collègue eut fini de dresser la liste des crimes (réels****** ou imaginaires) de l'Héritier me sommant ensuite d'appliquer une sanction très sévère et très injuste, fis-je un sourire tremblant et articulai-je d'un bout de lèvres frémissantes :


-- Je comprends mais c'est que voyez-vous, il y a un problème...


-- Ah, bon ? fait la collègue glaciale, s'attendant à (dans l'ordre) "Mon fils est précoce , il s'ennuie en classe", "Mon fils est gentil, vous êtes une salope", "Mon fils est génial, vous êtes une conne dangereuse qui ne sait pas enseigner".


-- Oui, mais voyez-vous, l'Héritier vous admire tellement ! (Voix extasiée)

 

(La collègue béante, on ne la lui avait jamais faite celle-là)


Je profite de son mutisme sidéré pour ajouter :


-- L'Héritier a tant d'estime pour vous ! Il se fait siiiiiiii haute idée de vos attentes que cela le paralyse, il n'ose plus rien faire, il n'en dort plus, la crainte de vous décevoir... (Sanglots, voix trémulante) et moi je me tourne vers vous car je suis démunie, je ne sais pas comment l'aider. (Sanglots bis, voix brisée)

 

Totalement neutralisée, attendrie aux larmes, la collègue promit tout ce que je voulais pour aider l'Héritier à répondre à ses attentes sans courir au suicide par désespoir, mépris de soi et amour d'elle.

Contre-torpilleur coulé : l'Héritier passa une année tranquille auprès d'une femme que tout le département considérait comme un danger public, elle l'adorait.*******

 

Même pas honte.

Bonne semaine à tous.*********

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Avec Dalio, sublime en La Chesnaie

** Ou la paie, une fois par mois.

**' euh... je n'ai rien dit, finalement.

*** Moi****

****Mfff !

***** Et même avec un prof normal, genre moi, je connais l'effet de la stratégie "Ça va chier"; en général, il faut des abîmes d'abnégation et de recul sur soi pour résister à la tentation de faire payer le gamin pour ses parents. J'y parviens en général, mais je préfère éviter ce cas de figure.

****** Je sais, c'est inimaginable, vous ne m'auriez pas reconnue.

******* Certains devaient bien l'être, la feignasserie en particulier.

******** Autant qu'elle le pouvait en tout cas.

********* N'essayez pas ça avec moi.

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