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my life as a dark lord's mother

TéléCanards

Publié le par Jeanne-A Debats

TéléCanards

Hier soir, en vacances en à Canardland, mes parents  en vadrouille car la vie sociale est intense dans le pays (on fait des soirées cocktail post concerts classiques) (je suppose que ça veut dire qu’on boit le lendemain pour oublier Satie) je me retrouve seule avec le Grem et le border collie parental. Le Grem se fout total de l’absence de quiconque, mais le border collie est dépressif et couine. Je décide de lui tenir un peu compagnie devant la télé.

Problème : je n’ai pas eu d’appareils de ce style depuis l’an 2000 et la foutraison de télécommandes diverses me laisse pantoise et coite devant l’écran aussi plat que complètement noir.

J’appelle le Grem au secours.

Moi :

— Grem, tu peux allumer la télé ?

Lui (serviable, me montrant le tas de télécommandes) :

— Les télécommandes sont là, maman.

Moi :

— Je ne sais pas m’en servir, tu veux bien l’allumer pour moi ?

Lui (soupçonneux, un peu agacé) :

— Je sais le faire Maman, c’est pas la peine de vérifier encore une fois, Mamie l’a fait hier.

Moi :

— Grem, c’est pas un test, je ne sais vraiment pas.

Lui (sidéré) :

— Tu es sûre ?

Moi : (lasse) :

— Oui, tu veux bien allumer la télé s’il te plait ?

Sourire ravi du Grem :

— Oh Maman, c’est super de t’apprendre quelque chose !

(S’ensuit un long cours de télé où le grem me montre et me remontre, et me fait une interro quasi écrite à la sortie, la banane jusqu’aux oreilles. Je renonce entretemps à l’idée qu’il me l’allume tout simplement, visiblement ce n’est pas possible.)

Il repart en chantonnant :

—  J’ai appris la télé à Maman!

Je me couche sur le canapé devant Arte et échange un long regard avec le border collie dépressif.

Foutue famille de profs.

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Mariage Royal

Publié le par Jeanne-A Debats

 
Le Grem est un grand sentimental.
Je viens d'en avoir la confirmation tandis qu'à Canarland se mariait en très grandes pompes, la fine fleur (de lys) de l'aristocratie française (avec une ascendance remontant à l'an mille).
J'avais loupé le début pendant ma sieste, mais après mes une heure et demie de sommeil, voilà que les mariés consentent enfin à se montrer dans une grande volée de cloches enthousiastes. Mais pas aussi enthousiastes que le Grem qui me tire presque de force dans le jardin de façade parental qui, ô bonheur, donne pile poil sur la sortie de l'église.
Extase devant les queues de pie, les capelines, bibis et abats jours volés dans le dressing d'Elisabeth II, les talons aiguilles des demoiselles d'honneur, la tétrachiée d'enfançons blonds minuscules et ravissants en grand apparat, costumes gris et petits hauts de forme pour les garçons, robes et couronnes de fleurs pour les filles (ainsi qu'un air certain de Village des Damnés, façon 1960), le tricorne du polytechnicien, le képi bleu de capitaine de cavalerie dans l'armée de terre, le blanc de l'armée de l'air, le contre amiral, deux ensoutannés genre don Camilo avec le bidule noir croisé sur le front. Commentaires ravis sur la couleur des robes. Phrase définitive :  "Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants.
Et là, il se tourne vers moi et me dit :
"Le mariage, c'est bien, surtout à cause des chapeaux."
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Changelin II

Publié le par Jeanne-A Debats

barre-angelot

Certains cris sont devenus des mots. Et l’enfants des fées vous aime, ou a confiance en vous. La différence est ténue, alors vous vous en fichez. Vous pouvez le toucher, l’apaiser parfois d’une caresse, il semble aimer que vous lui chatouilliez le creux de la main, ou cet espace tendre entre les omoplates.


Vous savez que c’est extraordinaire. Ses pareils ne supportent pas souvent le contact, les baisers. Les approcher revient à les torturer. Vous pensez à ces autres parents qui n’ont même pas cela : quand le vôtre vient briser vos genoux en les escaladant comme des montagnes, ou enfonce votre sternum d’un coup de coude, ou saisit la chair à pleines mains comme si vous étiez d’acier ou un meuble.



Parce que c’est plus pratique pour monter.

 

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Lui, quand il tombe, quand il se cogne, quand il se relève, front ou rotules en sang, il ne pleure pas. Il ignore la douleur, le froid, la faim. Un jour, il chute de son lit, il faudra trois points de suture ; il regardera le médecin le recoudre, sans bouger, sans anesthésie, juste curieux.


C’est un enfant de pierre.

 

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Ainsi, un autre jour, il attrape une bronchiolite. Le flapping ne fonctionne pas : il est hypertonique et ça ne date pas d’hier. Impossible de le masser au niveau de la poitrine, chaque muscle est tendu au maximum. Le kiné a beau s’escrimer, il ne peut rien faire. Rouge, en sueur, furieux, il se tourne vers vous et hurle avec colère et dédain, l’insondable dédain des soignants pour les mères, leur méfiance instinctive, comme s’ils avaient affaire à des rivales :


-- Sortez, madame ! Vous l’autorisez à me résister !


Vous vous apprêtez à balbutier que ce n’est pas vrai. Mais c’est l’époque où l’on ne cesse de seriner que tout ce qui arrive est de votre faute, parce qu’il faut bien que vous compreniez que vous n’AIMEZ PAS cet enfant. Oui, cet enfant avec lequel vous passez des heures à lui montrer un geste désespérément simple : comment sourire, tenir un jouet, allumer la lumière, faire des bulles dans le bain, mâcher un bonbon, reconnaitre le rouge du bleu, connaître son nom, y répondre.


Cet enfant-là, sachez-le, vous ne l’AIMEZ PAS.

 


 

 

Alors, vous baissez la tête. Coupable, forcément coupable. Heureusement, le père est là. Il repousse fermement le kiné, prend l’enfant sous son bras et vous, son ex-compagne sous l’autre, il sort calmement, sans rien dire.

Le kiné vous poursuit la facture à la main, le père se retourne comme un serpent et siffle :


-- Dis-toi un truc, connard, si je sors mon chéquier, ce sera pour te l’enfoncer dans le cul !


Le kiné vous laisse partir, tous les trois, béant et blême.


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C’est l’époque où l’on vous a tellement piétinée, crucifiée, méprisée, que vous la guerrière, n’êtes plus qu’une ombre pâle retenant l’enfant de force vive au bord des gouffres.

 

Toute la force qui vous reste.

 



Mais le père n’est pas toujours là. Il a été muté, loin. L’ombre doit se résoudre à porter sa cuirasse quotidienne et vaciller sous son poids dans les rues, de médecins en écoles, de psychomotricien en psychanalyste, d’hôpital en centre de ressources. Votre vie n’est plus qu’une salle d’attente semée d’exemplaires défraîchis de l’autojournal.


Mais chaque jour, à six heures, il est un oasis.

Malgré tout.

 

CT0557


C’est un rade minable sur le boulevard d’une ville de banlieue. Il s’appelle l’Escale et son patron Driss est un grand mec jadis brun, aujourd’hui d’un blanc de neige en frisettes. Les pattes d’oies au coin de ses yeux sont deux sourires éternels, plantés de chaque côté de son long visage basané.


Il vous voit arriver avec la poussette et se précipite vers vous.


-- Salut, Madame JAD, allez vous mettre en terrasse ! On vous a gardé votre place,  Momo vient tout de suite !


L’enfant regarde le grand homme se courber sur lui pendant qu’il le détache de sa poussette avant de l’emporter, calé sur sa hanche. Vous vous effondrez à la place susdite. Le garçon, Momo, vous sert un café à la cardamone, brûlant comme l’enfer, sucré comme la vie.


-- Prenez votre temps, Madame JAD, ils jouent.


Vous fermez les yeux pour la première fois de la journée. Les copains entrent et vous saluent au passage. Vos muscles se dénouent. Dans votre dos, des cris et des rires éclatent. Des tintements, parfois un verre brisé. Momo sort, dans ces moments-là, en vous assurant que c’est lui, le coupable. Vous savez qu’il ment, que l’enfant a eu un geste trop brusque ; mais vous acceptez le cadeau de ce mensonge avec une reconnaissance si totale que vous ne levez même pas un sourcil.


Votre café est bu, vous vous relevez et entrez à votre tour dans le café pour régler l’addition, il est temps de retourner à la maison, le soir tombe.


 L’enfant est perché sur les genoux de Driss, sur le haut tabouret de bar derrière le zinc.

 Les mains plongées dans la caisse, il envoie billets et pièces de monnaies aux quatre vents en poussant des cris ravis quand ils retombent en pluie un peu partout. Les clients hurlent de rire en ramassant le butin afin de réalimenter le mini- terroriste en projectiles. Le désastre est total, et la joie générale.


— On en fera pas un capitaliste, madame JAD, conclue sérieusement Driss.



 Vous riez, et cette fois c’est un vrai rire.

 

 

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Changelin I

Publié le par Jeanne-A Debats

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Imaginez que vous ayez un bébé parfait. Il est beau. Il est gracieux. Il est fort. Il fait ses nuits quasiment tout de suite, et elles sont longues. Vous oubliez vite l’horreur qu’a été votre accouchement pour adorer ce miracle qui gémit à peine pour signifier qu’il a faim, puis, repu, sourit aux anges dans son berceau. Il gazouille, parfois même il rit tout seul. Vous ne savez pas pourquoi, mais vous riez avec lui.


Vous avez tort de rire.


Puis il apprend à marcher et l’enfer se déchaine. Il ne gazouille plus, il hurle. Des cris terribles, térébrants, des cris qui vous prennent aux tripes avant de vous assourdir. Des cris qui vous tuent. Des cris qui ne s’éteignent que lorsqu’il s’endort. Parce que le vôtre dort… d’autres comme lui ne dorment jamais, leurs parents en meurent.


Vous, vous survivez.

Tout juste.

Mais vous survivez.


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Il ne marche pas d’ailleurs, il vole. Il est partout à la fois et nulle part. Rien ne l’arrête, ne l’apaise, ne l’intéresse. Il ne prend plaisir à rien et c'est sans doute cela le pire. Les fées sont venues, elles ont volé l’enfant parfait et l’ont remplacé par un des leurs qui meurt de ne pas dénicher Avalon.


Il est autiste.


Un jour, le mot tombe comme une condamnation, on vous le donne, on vous en fait l’aumône, mais le plus souvent, il vous a fallu l’arracher ; personne ne souhaitant jamais vous dire la vérité -- de peur de "verrouiller le diagnostic", vous dit-on.


Mon cul.


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 On a eu surtout peur de vous regarder en face au moment de l’énoncé. Peur que vous compreniez que ces interminables séances de psychanalyse ­ -- où l’on a essayé de vous faire avaler, jour après jour, que votre enfant mourait de votre soi disant désamour, où l’on vous a soigné, vous, d’une maladie que vous n’aviez pas, sans traiter ses symptômes à lui, qui le tuent et vous tuent --  n’ont servi qu’à vous épuiser un peu plus, qu’à assurer  sur vous la toute-puissance d’un soignant terroriste.


Ce même soignant se montrera encore plus nuisible plus tard --, incapable de se remettre en cause, ni lui, ni le credo de sa chapelle, malgré les faits nouveaux, les études récentes qui lui ont hurlé encore plus fort que votre enfant qu’il se trompait, que son église avait tort.

Lorsque vous lui écrirez qu’on a diagnostiqué votre enfant et que vous le priez d’écouter mieux ses patients la prochaine fois, pour faire moins de dégâts, ce soignant ne vous répondra pas. Mais dans votre dos, il écrira à son tour une lettre aux nouveaux praticiens en charge de votre fils pour les prévenir que vous êtes fabulatrice et dépressive.



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(D'accord, c'est un point godwin, mais je m'en tape et le pense .)


Cela dit, dépressive vous l’êtes, surtout si la dépression consiste à manifester du chagrin devant les événements malheureux.


Puis, l'enfant grandit. Il progresse, lentement, mais il progresse. Vous vous battez pour chaque acquisition qu’un enfant normal obtient sans y penser. Il faut même le forcer au plaisir. En attendant, il vous traverse si vous vous dressez sur son chemin. Il ne sait même pas qu’il est là, comment se rendrait-il compte de votre présence ?


 Il est assez grand pour faire un peu de sport. Vous pensez que le contact avec les animaux, une façon différente de penser le monde, lui permettrait de voir les choses autrement. Vous l’emmenez apprendre à monter à cheval. Tout va bien, les moniteurs sont patients, dévoués. L’heure qu’il passe à la carrière monté sur son poney docile, vous vous reposez un peu au club-house devant un café, le seul café tranquille et silencieux de votre semaine.


Vous respirez.


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Doucement, pour ne déranger personne.


 

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Un jour, le téléphone sonne. Le moniteur répond en mettant le haut parleur. Et votre café  gèle dans votre tasse parce que voici ce que vous entendez :


­­-- « Bonjour, je suis madame XXX, la maman de la petite Y. Je tiens à vous rappeler au préalable que ma fille vient cinq fois par semaine. »


Le moniteur, perplexe :


-- Je suis au courant. Et ?


-- « Avec d’autres parents, nous sommes réunis et nous sommes tombés d’accord : le petit handicapé que vous accueillez dans le groupe de ma fille nuit à la rapidité de ses progrès ainsi que de ses petits camarades, nous pensons que pour le bien de tous, il vaudrait mieux qu’il aille dans un autre cent… »


Le moniteur a coupé le son. Il se tourne vers vous et vous dit d’une voix très douce :


-- Sortez, Madame JAD, s’il vous plait.


Anéantie, vous obéissez. Vous êtes si écrasée qu’aucune pensée cohérente ne fait surface. Vous vous adossez au mur de vieilles pierres, au soleil. Dans le lointain, vous entendez votre enfant crier. Mais depuis le temps, vous avez compris que ce cri-là est un cri de joie et d’amusement. Votre tête est vide. Vous attendez le retour du moniteur. Sachant ce qu’il va dire…


Il sort enfin, se roule une clope et l’allume avant de dire :


-- C’est con…


Glacée, vous ne parvenez pas à répondre. Il ajoute en tirant sur sa clope :


-- Va falloir que je remonte un autre groupe autour de votre gremlin, je viens de virer cinq  graines de salopards.

 

 (to be continued)

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Eternity Broadcasted *

Publié le par Jeanne-A Debats

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Typologie du Super-héros par l'Héritier

Publié le par Jeanne-A Debats

le super-héros  :

 

a) a un super pouvoir

b) a un ou plusieurs side kicks

c) a une faiblesse ou une addiction

d) a des compétences sociales réduites au minimum

e) a un ennemi récurrent

f) sauve au moins une vie humaine par épisode

 

conclusion de l'héritier :

Le Docteur House est un super-héros

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