Le cerveau, cette MST mortelle
Je ne suis pas certaine que l’intelligence soit un cadeau.
Prenez notre dernier chat : brillant, trop brillant. Un cerveau d’ingénieur coincé dans une boule de poils. Il rapporte la balle, nous colle aux basques, a pigé que tel interrupteur « allume les poissons » — et il adore allumer les poissons.
C’est lui, le Machiavel de salon, qui a inventé le plan suivant :
« Moi, je pique le sachet de pâtée. Toi, Leïka, tu le déchires un peu pour que j'ai accès, j’engloutis tout et, comme le cadavre finit toujours sur TA couverture, c’est toi qui prends. »
Résultat : lui banquette, l’autre se fait engueuler. Un stratège.
Et parce qu’il est trop malin, il tente aussi des conneries inédites : ce matin, il a léché un crapaud. Deux minutes de bave et d’yeux exorbités plus tard, c’était passé. Intelligence + curiosité = cocktail Molotov.
Et là, je me dis : l’humanité, c’est exactement ça. On aurait dû étouffer tous les petits futés de la caverne qui ont osé dire : « Eh, et si on faisait mieux que ça ? »
Parce que c’est de là qu’est parti le carnage.
Sans eux, on vivrait encore dans la grotte :
– pas de gratte-ciel, pas de centrales, pas de plastique dans les océans,
– pas de traders qui vendent la planète par actions,
– pas de dépressifs coincés dans des open-spaces à faire semblant d’aimer « la synergie » et le baby-foot d’entreprise,
– pas d’antivax,
– pas de Elon Musk préhistorique lançant son caillou réutilisable en orbite,
– pas de Zuckerberg troglodyte inventant le premier réseau social de signaux de fumée toxiques,
– pas de Macron-chaman expliquant que la grotte est une start-up nation,
– et surtout pas d’IA pour me pondre des punchlines que je pouvais écrire toute seule.
On mourrait à 40 ans, certes, mais entourés de nature intacte, persuadés que le vent est un dieu et la rivière une déesse, au lieu de leur coller un compteur Linky au cul.
Et peut-être même encore capables d’être gentils les uns avec les autres (gentils… sauf quand il fallait partager le mammouth).
(C’est rien : je viens juste de lire les coms débiles sous l’article du Huff sur la librairie Violette & Co. Je désespère de l’humanité tout en surveillant Totor, le génie testeur de neurotoxines bio, au cas où il faudrait quand même filer chez le véto.)