Petit dictionnaire Troll de la SF française : addenda
(Avec la collaboration de Rachel Tanner, Lionel Davoust, l'iPad de Lionel Davoust et Simon Bréan)
Stalagmythe : Mythe coffré par les Nazis.
(Avec la collaboration de Rachel Tanner, Lionel Davoust, l'iPad de Lionel Davoust et Simon Bréan)
Stalagmythe : Mythe coffré par les Nazis.
La question Galiléenne tout d’abord :
si l’on se trouve embarqué en un cauchemar sur une douce mer de divagations sans l’ombre d’un accroc réaliste comment savoir si l’on cauchemarde étant donné que par définition, il ne saurait y avoir d’observateur externe ?
Et dans ce cas de figure, un cauchemar de Mainstream vaut-il mieux qu’un cauchemar Science Fictif ?
Question subsidiaire : les Scifans font-ils plus de rêves à connotations science fictives que les amateurs de scrabble* ? (Bon, un autre exemple) Les joueurs de go** ? (Bon, un autre exemple) Les supporters de foot*** ? (Bon, un autre exemple) Les gens normaux**** ?
Bien.
Donc cette nuit, j’ai tenté l’expérience pour le groupe sci fan*****.
Soit****** :
a) un cauchemar post apo avec l’humanité tout entière coincée dans un avion géant sur un aéroport désert, le narrateur en « enfant de sexe indéterminé » fuyant des armées teigneuses.
(Réveil : 2h30 AM)
b) un rural thriller*****, avec un pyromane rigolard qui commence par faire cramer les arbres voisins, puis une baignoire abreuvoir et ensuite, revisitant le coup du loup dans les 3 petits cochons, versant du fuel dans la marmite par la cheminée.
Enjeu : sortir avant qu’il ait terminé et fait tout sauter, l'arrêter ensuite.
Là, ça vire un peu SF : le coupable dingue et joyeux est envoyé dans un centre de détention qui est aussi un centre de recherche virale. Il se défait de son escorte avec une dent creuse revolver, se réfugie dans un waldo (imaginez un type coincé dans un costume de Robbie) et finit par être neutralisé par un courageux soldat en waldo plus petit qui se sacrifie en bombe humaine contre l’autre waldo.
(Réveil : 4h30 AM)
c) le sujet (moi) repasse le bac, toute nue, et ne sait pas sa leçon.** ** ***
(Réveil : 6h30 AM)
Conclusions de l’étude : du point de vue de l’efficacité (sueur, palpitations) le cauchemar science fictif l’emporte sans coup férir et en se payant le luxe d’une pointe sans hâte d'angoisse aux alentours des petites lueurs de l’aube.
Le cauchemar science fictif peut inclure des éléments Mainstream MAIS ce ne sont jamais les plus effrayants** ** ****
De facto, en ce qu’il fait appel aux profondeurs les plus enfouies et mythiques de notre imaginaire, voire de notre psyché les jours de grands vents, je ne crains pas d’affirmer que le cauchemar SF est massivement supérieur au cauchemar mainstream et que l’on ne s’y ennuie jamais.
Alors qu’ au bac…***** *****
Bon maintenant, qu'on m'amène un gens normal !***** ***** *
* Eh, Jeanne, il y a de bonnes chances pour que l’Amateur de scrabble y joue en Klingon !
** Idem.
*** Pour rêver, il faut un cerveau.
** ** Houston, nous avons un problème de définition.
** *** SI si, UN sujet est représentatif pour le groupe sci fan, c’est déjà un centième de l’effectif en France
*** *** Why not ? Quand il y a des poules au lieu de poulets ?
*** **** Lecteur, l’un de ces trois rêves est totalement fictif (à défaut d’être potentiellement science fictif) (ça arrive tout le temps dans les labos, les résultats fantômes, surtout au CERN et chez AREVA).
** *****Le bac est un rêve récurrent chez les profs à l’approche de juin, lorsqu’ils se rendent vraiment compte qu’ils envoient une centaine de chères têtes de toutes couleurs se ramasser un trauma comme le leur…
** ** **** Encore qu’être poursuivie par une bouillotte peut avoir son charme.** ** *****
** ** ***** Authentique.
***** ***** C'est rien, j'ai seulement super mal dormi^^.
***** **** ** Démerdez-vous.
La Terrible Grand-mère du Sud-Ouest (hier, au téléphone) :
–– Ma chérie, vraiment, toutes mes condoléances ! Ton père et moi, nous nous associons à ton chagrin et celui de ta famille.
Moi :
–– Gné ?
La Terrible Grand-mère du Sud-Ouest :
–– Ça lui faisait quoi, 92 ans ?
Moi (ayant tilté) :
–– Oui, mais il ne les faisait pas.
La Terrible Grand-mère du Sud-Ouest :
–– Oui Garcia Marquez a 86 ans, lui…
Moi (agacée) :
–– Marquez n’est pas très frais non plus, Maman, il a un cancer depuis plus de dix ans.
La Terrible Grand-mère du Sud-Ouest :
–– Oh non ! Le pauvre ! Et il VOUS* reste qui, de cette génération ? ?
Moi :
–– Il nous reste Matheson, Vance et Pohl.
La Terrible Grand-mère du Sud-Ouest (sans pitié) :
–– Les petites familles, ça part vite.
Ray Bradbury est mort et le mainstream ne s’en porte pas plus mal…
Bradbury, pour moi ce fut d’abord la superbe illustration de Bilal pour « Chroniques Martiennes » dans la collection magnifique Mille Soleils. Un homme en combinaison spatiale contemplait une fusée ventrue posée sur la colline toute proche. Je l’avais reçu en même temps que « L’Enfant de la Haute Mer » de Supervielle pour un noël quelconque.
Les parents parfois font fi de la prudence la plus élémentaire et ensuite ils persiflent.
Certaines nouvelles m’ont laissé un souvenir ineffaçable : « Le Matin vert », « Rencontre nocturne », « Usher II », (que j’avais heureusement lu APRÉS Usher I**, d’une certaine façon c’est Bradbury qui m’a fait comprendre Poe) « l’Été de la fusée ». Mais aussi dans d’autres recueils ; « La Maison » par exemple ;
Une maison intelligente survit à la disparition de ses occupants lors d’un conflit nettement atomique. Elle ignore qu’ils ne sont plus là, que seules leurs ombres découpées par les rayons gamma contre sa façade persistent encore pour témoigner de leur passage.
Chroniques n’est pas mon livre de SF préféré au monde. Si j’adorais la poésie de Bradbury, il lui manquait, pour totalement me séduire, le solide fond technophile de ses contemporains. J’attends encore celui qui me chantera le corps électrique tout en m’expliquant le fonctionnement des puces.
Il semble que le dosage soit extrèmement complexe et que le mélange justement déplaise parfois, ou déconcerte.
À l’époque, eurent lieu quelques empoignades à ce sujet et d’aucuns ricanaient de la « Physique Bradburienne » tandis qu’il les renvoyait dans leur ligne des 22 en les traitant plus ou moins d’ingénieurs tâcherons.
Reste que les machines comme des bijoux steampunk, insectes d’or et de cuivre courant sur les tables d’argent, volant sur les tubes d’acier bleu, plantés devant les plages mortes de Mars, ça c’est Ray Bradbury. Il fait sans aucun doute partie de ceux qui m’ont collé cet amour de la joncaille qu’un de mes lecteurs favoris me reproche souvent.
Je vais le regretter, cet homme.
Requiescat in Bibliotheca.
* Notez le "vous" d'insistance.
** Si j’ose dire.
Entendu hier soir à la fête organisée pour les quarante ans de Folio, avenue Foch :
(Ton ultra concerné)
"Ce qu'il y a de bien chez Gallimard, c'est que les cocktails sont excellents."
(Les gauffres aussi)
Les stats de blog, c'est vraiment le mal : du coup on a une vague idée de qui vient vous voir.
Je profite donc de l'occase pour saluer bien bas, les membres de "certaine Team" qui semblent s'être récemment abattus tel un vol de superbes albatros sur ce pauvre coin ignoré du web.
Salut donc les mecs, ça buzze ?
J'en profite pour dire que j'aime beaucoup ce que vous faites, si, si et si.
Et que n'en déplaise à certains esprits chagrins, j'estime que vous êtes d'utilité publique.
Perso, JAMAIS j'achèterai un fichier plus de 4/5 euros (et faudra me pousser déjà) (surtout si en plus il est pourri de DRM).
Alors j'aime vraiment bien que vous enfonciez le principe de réalité à coups de pioche dans certains crânes obtus. Et tant mieux/pis (?) si certains de ces crânes possèdent des textes à moi dans leur cortex mou du GNU si pas du portefeuille, yzavaientkapa.
des bisoux mouillés,
Jeanne
Entendu dans la rue Montorgueil :
(Ton ferme)
"Mon chéri, je veux bien que tu m'offres un cadeau parce que c'est moi et parce que c'est toi, mais si c'est parce que je suis la mère de ton fils : je te préviens, je le dépose à l'antenne de la DDAS la plus proche."
(le gosse ou le cadeau ?)
C'est une semaine assez faste pour moi que celle qui vient de s'écouler puisque d'une part "Métaphysique du vampire" vient de sortir et que mon éditeur Xavier Dollo des éditions Ad Astra m'a assuré que le livre est très beau (comprendre : "exactement comme on le voulait") quoiqu'il semblerait que l'imprimeur ait oublié le vernis sélectif.
(Sanglots.)
Bon, ça n'est pas très grave.

En outre, à l'occasion du colloque : "L'Antiquité gréco-latine aux sources de l'imaginaire contemporain: fantasy, fantastique, science-fiction" auquel j'ai la joie de participer le 9 juin, il paraîtra une anthologie du colloque "Fragments d'une fantasy antique" dirigée par David K. Nouvel pour les éditions Ménmos.
(voir ici le programme du colloque)
La couverture est très belle à mon avis même si je l'ai découverte sur internet.
(Enfin, le cas où l'on demande aux auteurs d'une antho, si la couv' leur plait est plus improbable qu'une chute de neige sur Mercure^^)
Ma nouvelle s'intitule "Le miroir d'Electre" et rend compte d'une tentative de gestion rationnelle du vaudeville parental chez les Atrides.
Au passage, je m'en prends gentiment et avec amour à la psychanalyse selon le sain et antique principe qui bene amat bene castigat*.
Ce n'est pas la première fois que je m'attaque directement à un mythe grec, je m'y étais déjà essayée dans "Mayday", (jeu de mots assez transparent, en ce qui concerne l'idéntité de l'héroïne et qui rend assez bien compte du fait qu'il y a longtemps que je me suis tournée du côté pourri de la référence********) nouvelle parue dans l'anthologie "Les Héritiers d'Homère" chez Argemmios.
Par nature, la mythologie gréco-latine*******, qui est la source de mon amour pour la SF***, sous-tend l'ensemble de ce que j'écris d'une façon ou d'une autre, ne serait-ce que pour "casser" ledit mythe.
Cela dit, quand j'aborde le sujet en full frontal, ainsi que dans Mayday ou le Miroir d'Electre, je ne parviens pas à le voir autrement que dans nos parages modernes et sur le ton de l'ironie, même féroce.
Je serais incapable de traiter ces mythes en contexte. C'est sans doute lié à ce fond profondément rationnel (justement) ou même (n'ayons pas peur des mots) cartésien et positiviste dont je ne parviens pas à me départir******** jusque dans mes écrits fantastiques.
Je crois bien que, n'en déplaise à mes anthologistes préférés qui ont tenté de m'attirer en Fantasy, je ne suis rien d'autre qu'un écrivain de SF.
S'il y a boule de feu dans mes histoires vous pouvez être certains que je vous expliquerai pourquoi à un moment donné.
Mais ça, c'est sûrement la faute aux Latins. C'est bien leur genre.
* C'est du latin**
** Le casting, c'est le bien.
*** Ce qui ne présente pas le moindre caractère d'originalité : un auteur de SF sur deux se drape dans ses lectures enfantines des exploits d'Hercule pour expliquer sa fascination pour les super héros.****
**** Ça n'est pas faux, je suppose, mais camoufle la réalité honteuse de base : un type en slip de spandex jaune et noir, c'est SEXY, Nom de Zeus !*****
*****N'empêche que j'ai passé une partie de ma préadolescence couchée en travers de l'énorme bouquin "Mythologie Générale" de Félix Guirand aux éditions Larousse (il me semble) (celui-là, et un Atlas fabuleux, deux fois grand comme moi lui aussi, qui s'intitulait "La Terre est ronde" ).
****** J'aimais bien les égyptiens aussi, à l'époque. Mais c'est un peu comme les dinosaures, les pharaons : à un moment donné, le côté nécrophile******* du truc vous frappe en plein front. (Notamment, ce passage terrible où Isis à la recherche des morceaux de son époux, en récupère un, primordial pour la conception de leur fils Horus, et que nombre de versions s'obstinent à appeler "Le Doigt d'Osiris" ; ce que je trouve, au choix, ou hypocrite ou rigolo selon les jours, mais toujours un brin dégueu.)
(Et, en ce qui concerne les dinosaures, la file de squelettes monstrueux au Museum d'Histoire Naturelle finit par avoir raison des passions les plus incontrôlables. Enfin, chez moi).
******* Dit la fille qui s'apprête à écrire une série full vampires inside.
********Sans compter l'envie d'emmerder le monde doublée d'un solide rembourrage d'iconoclastie maniaque.
********* Soit dit en passant, ce n'est pas (et je ne parle pas que pour moi) parce que la référence est transparente, qu'elle est inutile, superfétatoire ou lourdingue. Certains critiques veulent voir une facilité dans la chose, ils ne s'interrogent pas sur la réalité du monde à ce moment-là. Par exemple, refuser de faire une référence évidente à un moment donné d'une histoire à une oeuvre de SF antérieure, ce n'est pas "refuser la facilité", c'est parler d'un monde parallèle où la SF n'a pas été inventée. Or, moi, je tape pas dans l'Uchronie ; Roland C. Wagner me ferait les gros yeux, il aime beaucoup l'Uchronie. C'est une de ses meilleures copines.
Quand je pense à la déception des pauvres gens qui atterrissent sur ce blog en ayant tapé "gros seins"* sur leur moteur de recherche...
*Requête n°3 des statistiques de ce blogs pour le mois d'Avril ** et **'
**C'est le printemps, les seins mûrissent !
**'Remarquez, la requête N°2 c'est "plats en sauces"***
*** Mais la 4, c'est "Lucien Jerphagnon, Rome, les armes et les mots", moi je dis "La situation est sous contrôle"
Entendu hier au Forum des Halles :
"C'est la deuxième fois de l'année que je ne déprime pas un dimanche soir à 18h."
Tiens ?