TéléCanards
Hier soir, en vacances en à Canardland, mes parents en vadrouille car la vie sociale est intense dans le pays (on fait des soirées cocktail post concerts classiques) (je suppose que ça veut dire qu’on boit le lendemain pour oublier Satie) je me retrouve seule avec le Grem et le border collie parental. Le Grem se fout total de l’absence de quiconque, mais le border collie est dépressif et couine. Je décide de lui tenir un peu compagnie devant la télé.
Problème : je n’ai pas eu d’appareils de ce style depuis l’an 2000 et la foutraison de télécommandes diverses me laisse pantoise et coite devant l’écran aussi plat que complètement noir.
J’appelle le Grem au secours.
Moi :
— Grem, tu peux allumer la télé ?
Lui (serviable, me montrant le tas de télécommandes) :
— Les télécommandes sont là, maman.
Moi :
— Je ne sais pas m’en servir, tu veux bien l’allumer pour moi ?
Lui (soupçonneux, un peu agacé) :
— Je sais le faire Maman, c’est pas la peine de vérifier encore une fois, Mamie l’a fait hier.
Moi :
— Grem, c’est pas un test, je ne sais vraiment pas.
Lui (sidéré) :
— Tu es sûre ?
Moi : (lasse) :
— Oui, tu veux bien allumer la télé s’il te plait ?
Sourire ravi du Grem :
— Oh Maman, c’est super de t’apprendre quelque chose !
(S’ensuit un long cours de télé où le grem me montre et me remontre, et me fait une interro quasi écrite à la sortie, la banane jusqu’aux oreilles. Je renonce entretemps à l’idée qu’il me l’allume tout simplement, visiblement ce n’est pas possible.)
Il repart en chantonnant :
— J’ai appris la télé à Maman!
Je me couche sur le canapé devant Arte et échange un long regard avec le border collie dépressif.
Foutue famille de profs.
Mariage Royal
Violences faites aux femmes
Entendu dans le tram par 2 joyeuses et ravissantes
Elle 1 ( morte de rire ) :
" Il me fait la gueule depuis mon week-end à Londres. Hier, on était sur le lit tous les deux. Je lisais et il bougeait pas. Sans prévenir, il me saute dessus de tout son poids droit sur la poitrine. Il me pétrit violemment les seins en gémissant dans mon cou. Puis il me colle un méga coup de boule et se barre en râlant dans la cuisine. "
Elle glousse.
Moi :
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Elle 2 ( gloussant encore plus fort) :
" C'est caractériel, les chats"
Knock, knock, Knock on the doctor 's door
La grande inquisitrice Paganelli piétinant un arrêt de travail pour avortement médicamenteux (allégorie)
Toi, mon nouveau toubib que je n’ai jamais rencontré, nouvelle dentiste, nouveau rhumatologue, nouvelle endocrino, nouvel hépatologue, nouvelle ceci, nouveau cela, tu ne sais pas à quel point je suis terrifiée avant d’entrer dans ta salle d’attente. Oh, pas de ton diagnostic qu’en général j’ai déjà fait, désolée.
(Oui je sais c’est mal, je ne dois pas savoir avant toi, je dois venir en couinant et toi m’assener la vérité.)
Non, j’ai peur de toi. De ce que tu vas me sortir comme énormité, comme saloperie, comme remarque déplacée, sur mon rythme de vie, mon poids, ma sexualité, mon régime alimentaire, mes mauvaises habitudes. Je crève de trouille bleue que tu me fasses mal et que tu trouves ça normal, me traitant plus ou moins de douillette au passage.
Chaque fois que j’entre dans ta putain de nouvelle salle d’attente, chaque fois, même si c’est pour quelque chose d’aussi mineur que changer de lunettes, je suis terrorisée par ce que tu vas me balancer comme jugement de valeur pourri confondu avec un traitement, tu vois.
Avant même que tu ouvres la bouche, je m’apprête à me défendre. Je me prépare moralement à une bataille. Je me gendarme, j’enfile mon armure déjà au moment de prendre rendez-vous (parce que vois-tu même ta secrétaire risque d’être dans ce mood). Je ne te connais pas, mais j’en ai rencontré tant d’autres de ta cohorte, inconscients ou délibérés, qui m’ont traitée comme une patiente, c'est-à-dire quelque chose de moins qu’humain, mineur, toujours susceptible de mentir ou d’en rajouter.
Si bien que de tes quelques collègues qui se montrèrent humains, attentifs, délicats, empathiques ou même simplement courtois, eh bien je me souviens de leurs noms à tous, sur trente-cinq ans.
Depuis hier, je vois tourner sur internet les remarques d’une des mandarines de la gynécologie. Ce mépris, cette bassesse, cette morgue, cette certitude hautaine. Je ne connais pas la dame, mais je l’ai rencontrée cent fois dans ma vie adulte. C’est à cause d’elle et de ses pairs que je meurs d’anxiété en venant chez toi, cher nouveau docteur es quelque chose.
Je viens pour être soignée et j’ai plus de crainte du soignant que de la maladie.
Dis ?
Tu trouves ça normal ?
La main droite du jour
Mes chers confrères masculins de SF contemporains,
hier soir, j'ai jeté un livre pourtant fort bien écrit à travers ma chambre.
(Et non je ne mentionnerai pas l'auteur car je l'aime beaucoup et QUE TOUT LE RESTE est bon, excellemment bien conçu, pensé, visionnaire.)
Sauf que, sauf que, dès le début, il n'y a que deux femmes. L'une amoureuse en vain parce saisie du complexe de Florence Nightingale vis à vis du protagoniste, l'autre, c'est la belle inconnue mystérieuse qui fait vraiment bander le protagoniste. Bref, ces deux nanas pourtant pourvues de métiers prestigieux ou respectables n'existent que par et en fonction du mec.
Je ne sais pas si ça change après la 50° page, parce que je n'irai pas plus loin.
J'en ai marre, je ne peux plus. Vous n'avez plus d'excuses. Ça ne coûte pas cher d'en faire une dont la fonction soit autre (à la place du super pote qui fait avancer l'histoire par exemple) ou à un poste clé sans qu'elle bave illico sur le bonhomme point de vue. Bref un vrai perso, pas une greluche de passage à gros seins (bon elle peut avoir des gros seins).
Je peux encore le pardonner à Hugo, ou même à de canoniques classiques nés dans les années 40. Mais à vous, mes copains de génération, désolée, non. Je ne vous demande pas d'écrire des brulots féministes, je vous demande de vous souvenir que la moitié de la population est composée de filles, et d'en tenir compte. Point.
Merci.
Bisou.








