Destination Univers strikes back : Thomas Geha

Publié le par Jeanne-A Debats

 

L'anthologie Destination Univers que nous avons dirigée , Jean-Claude Dunyach et moi-même, pour les Éditions Griffe d'Encre, semble décoller sous une bonne étoile.

Ce qui est la moindre des choses quand on parle de Space Opera.

À propos de Space Opera, il nous a paru amusant, maintenant que nous croisons dans les dimensions floues de l'hyperespace interfestivalier de demander à chacun de nos pilotes ce qu'il en pensait et de quelle dimension parallèle il avait tiré sa nouvelle.


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C'est Thomas Geha qui ouvre le feu.

 

 

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Qui êtes-vous ?

 

Je suis l'homme invisible. Il y avait un panneau qui le prouvait au festival de Bagneux*.

Bon, plus sérieusement, Thomas Geha, donc. Mon pseudo le plus connu semble être Xavier Dollo (Il dirigerait plus ou moins les éditions Ad Astra****). J'écris de tout, des romans, des nouvelles, parfois même des essais (Postface pour Verlanger, article de fond sur Kristine K. Rusch par exemple.).

J'ai débuté en 1994 dans un fanzine qui s'appelait Dragon & Microchips, je n'ai plus arrêté ensuite jusqu'à la parution en 2005 de mon premier roman chez Rivière Blanche : A comme Alone. Lequel a été un joli petit succès puisque, malgré le manque de diffusion de la collection, il s'en est écoulé 800. C'est là que j'ai sérieusement songé à continuer dans le roman. Sont venus ensuite la suite de ce post-apo, puis deux romans de fantasy (Le Sabre de Sang), puis un space-opera, La Guerre des chiffonneurs, roman auquel est rattaché Les Tiges, ma nouvelle dans Destination Univers. Je viens de sortir, aux éditions Critic, mon premier recueil de nouvelles, Les Créateurs. Plus axé fantastique et , euh, bizarre, que  SF.

 

 

 

Et le space op, pour vous, ça se mange ?

 

Le Space-Opera, miam, bien-sûr que ça se mange ! J'ai même été gavé comme une oie de cette littérature très particulière et très chère à mon coeur de lecteur. Pour moi, le space-opera est le versant à la fois le plus populaire et le plus aventureux de la SF, et celui qui permet toutes les libertés. Comme le fut le western à une époque.

D'ailleurs, aux US, dans les années 50 pas mal d'auteurs (dont le fameux ou fumeux Ron Hubbard) écrivaient du western. Je crois que c'est de cette tradition que vient une série comme Firefly (Joss Whedon), d'ailleurs. Le space-op s'est peu à peu intéressé à la science, aussi, ce qui fait que ce genre de récit s'est complètement diversifié et a trouvé une multiplicité de tons et d'approche, ce qui le rend si passionnant, et si important pour la SF.

Du coup, j'ai été nourri, comme je le disais, jusqu'à la gueule d'auteurs comme Jack Williamson (Frères de démons, frères de dieux), Doc Smith (Fulgur), Edmond Hamilton (Les loups des étoiles), Harry Harrisson (Deathworld), Jack Vance (La Geste des Princes Démons) (my best ever), Isaac Asimov (Fondation), Larry Niven (Un monde hors du temps), Poul Anderson (Flandry), Carolyn J. Cherryh (Forteresse des étoiles), O.S Card (Ender), Peter Hamilton (Pandore), Banks (la Culture). Pour les frenchies, je citerais notamment Jimmy Guieu (les inénarrables Blade & Baker), Michel Jeury (Aux étoiles du destin), Laurent Genefort (tout, ou presque), Serge Lehman (Aucune étoile aussi lointaine), Roland C. Wagner (Le Chant du cosmos), Stefan Wul (Terminus 1), et Julia Verlanger (La Jungle de pierre).

Si je cite tous ces noms (et il en manque plein), ce n'est pas pour endormir le lecteur, mais plutôt pour montrer, schématiquement, les façons d'aborder le space-opera qui m'ont marquées. De Jimmy Guieu à Iain M. Banks, il y a comme un gouffre. Pourtant, j'ai pris du plaisir avec les deux, ce qui fait qu'en tant qu'écrivain, si j'écris du space-op, je ne rejette aucune facette. J'aime toutes les formes du space-opera.

 

 

 

Votre nouvelle, sa genèse, sa vie, votre œuvre ?

 

Eh bien sa genèse vient du constat que j'écrivais déjà, quand tu m'as demandé une nouvelle pour Destination Univers, une nouvelle de space-opera (titre : Embrasse-moi, Zlata). Je me suis dit que ça tombait pile-poil et j'allais pouvoir te la fourguer ! Mais, très vite, je me suis rendu compte que ça n'allait pas aller : la nouvelle en cours (Toujours pas finie à ce jour, elle est compliquée à écrire.) parlait en grande majorité de Zora la rousse. Tout se déroulait sur Terre sur les bords de l'Adriatique. Bref, cette nouvelle s'insère dans le même univers que les Tiges mais ne correspondait pas vraiment à l'appel - surtout l'appel des étoiles, de l'espace. Elle aurait été refusée. Du coup, je me suis dit que j'allais décrire l'étape suivante. Celle où l'humanité, ou ce qu'il en reste, se retrouve coincée sur une station spatiale faite de bric et de broc, à servir de chair à canon pour une race extraterrestre un peu particulière puisqu'elle est végétale (Les Tiges, donc). Donc, en fait, j'aimerais bien faire un recueil, un fix-up, dans cet univers qui décrit le crépuscule de l'humanité et, pourquoi pas, sa renaissance, d'une certaine façon. Mais bon, je ne vois personne pour pour publier ça (les nouvelles...).

Ensuite, pour Les Tiges, j'ai dû (Oui, ce verbe est désagréable.) compulser pas mal de manuels de bio, pour vérifier que mon idée était compatible avec une fiction. Bizarrement, j'ai trouvé plus ludique, au final, d'explorer pendant plusieurs jours Wikipédia qui, comme chacun sait, est une sorte de tonneau des Danaïdes. Mais ce système permet de tomber sur des concepts, des idées qui, finalement, finissent par se rejoindre et former l'aspect conjectural de votre texte. C'est ce qui s'est passé avec les Tiges. Au final, il ne reste pas forcément grand-chose de ces journées de recherches, mais elles ont largement servies pour la cohérence de mon univers et de mon intrigue.

 

 

 

 

 

Vos projets, pour finir ?

 

J'ai un court roman de weird-lit (tout le monde invente des termes, pourquoi pas moi?!) en lecture chez un éditeur (on croise les doigts). Sinon, je viens de sortir, comme je le disais, un recueil de nouvelles chez Critic, qui tourne autour de la notion de création. En ce moment, j'essaie d'écrire un nouveau roman de fantasy, bien avancé cela dit, qui devrait paraître en fin d'année. Puis je m'attaque au polar. J'ai une idée qui traîne dans un coin de mon cerveau depuis au moins cinq ans. J'aime bien changer de genre. Et puis j'ai des envies/projets de collaboration avec Anne Fakhouri et Danielle Martinigol (un jour quoi !).

 

 

 

 

 

 

Thomas Geha.

 

 

 

 

 

 

 

* Pas tant que ça la preuve, ci-dessus **

** Ouais  vous croyiez que ce serait possible un article NdBdP free ?***

*** Dans vos rêves !

**** Plutôt moins : et mon fichier, Dudule ?

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