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8 articles avec scriptor in fabula

scriptor in bibliotheca

Publié le par Jeanne-A Debats

Ce que j’adore avant de commencer un nouveau texte, ce sont les endroits farfelus où la nécessité de documentation nous entraîne.
Apprendre de nouvelles choses chaque jour est un bonheur, un plaisir.

 

  orang-copie-1.jpg

En soi.


Tout cela parfois pour répondre à des questions tout à fait dérisoires :

 

 



— Est-ce que les baleines vomissent ?
No news, j’ai fait comme si.


— La liste de tous les objets verts possibles 

(Et dans cette liste, une grenouille particulière de l’exacte nuance désirée, un vert un peu bleu tirant sur le céladon, sisi ) 

(Phyllobates terribilis)

(le céladon ça se voit pas bien sur mon écran, mais en vrai, ben c'est c'est vrai^^)

 

 

P.terribilis-copie-copie-2.png

 


(Ainsi que celle des adjectifs relatifs à la couleur verte)

(Que je vous livre ici in extenso)


Vert (ben tiens) (derrière on peut rajouter : pomme, gazon, wagon… etc mais c’est triché)
Émeraude (vi)
Smaragdin, e (je le colle partout celui-là, c’est un défi.)
Jade (huhu)
Tilleul
Prasin
Céladon
Véronèse
Viride
Anis
Sinople
Olive
Opalin, e
Pistache
Turquoise
Glauque (spé cassdédi à Vordaï)


— À quelle vitesse un corps se vide-t-il de son sang sous haute gravité ?
Très, très vite (Dixit un mien camarade médecin qui fut l’un de mes correcteurs pour Stratégies du réenchantement)


— Quelles plantes étaient utilisées comme pessaire abortif dans les forêts d’île-de-France au Moyen-Âge ?
Je me contenterais de dire que c’était croquignolet (et dangereux)


Pour Lance, dans l'anthologie Lancelot de Bagneux, je me suis lancée (huhu) dans des recherches tous azimuts sur la lance, les nazis, Hitler, non pas seulement historico-barjotes mais aussi  vers ce qui s’était fait d’excellent sur le thème dans d’autres genres, d’autres inspirations.

 

hitler.jpg

 


. (D’où le Tezuka que je conseille à tous et qui est un cadeau  de l’homme de ma vie).

 



Un texte donc, ça n’est pas seulement sortir de soi une histoire mais en faire pénétrer d’autres, c’est une magie à laquelle je ne renoncerai jamais.

Publié dans Scriptor in fabula

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Scriptor in fabula

Publié le par Jeanne-A Debats

“Let the writer take up surgery or bricklaying if he is interested in technique. There is no mechanical way to get the writing done, no shortcut. The young writer would be a fool to follow a theory. Teach yourself by your own mistakes; people learn only by error. The good artist believes that nobody is good enough to give him advice. He has supreme vanity. No matter how much he admires the old writer, he wants to beat him.”

 

 

 

 

William Faulkner

 

lauren-copie-1.jpg

 

 

Perso, je remplacerais la dernière phrase par "She wants to read him" (or her) (gni) parce que :


a) je suis une lectrice compulsive et passionnée ( Donc les copains, c'est bien qu'ils existent)


b) Je suis la moins concurrentielle des garces, ou la pire des vaniteuses, car le seul écrivain que j'ai envie de battre, c'est moi.

Publié dans Scriptor in fabula

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L'étrange questionnaire...

Publié le par Jeanne-A Debats

.. d'Eric Poindron :

 

Les questions ne sont jamais indiscrètes. Les réponses le sont parfois.

 

Oscar Wilde

 

 L’ÉTRANGE QUESTIONNAIRE DE ….

 

 

 

Étrange, vous avez dit étrange ? Comme c’est étrange…

 

Un étrange personnage qui souhaite conserver l’anonymat

 

1 – Écrivez la première phrase d’un roman, un nouvelle, ou d’un livre étrange à venir.

« Le cahier s’ouvrait sur un feuillet noirci de caractères inconnus. »

 

2 – Sans regarder votre montre, quelle heure est-il. Regardez votre montre, quelle heure est-il ?

5h30/5h30

 

3 – Comment expliquez-vous cette – ou ces – différences du temps ?

Il n’y en a pas, car je bois mon café à cette heure-là et à cet instant, il fume devant moi.

 

4 – De qui et de quoi avez-vous peur ?

Du fantôme de mes erreurs.

 

5 – En quoi et pourquoi êtes-vous croyant ?

Je crois que deux et deux font quatre et que les mêmes causes doivent produire les mêmes effets. Ce qui ne m’empêche pas de croire en l’humanité, bien que je décèle là l’ombre menaçante du paradoxe.

 

6 – Que pensez-vous en regardant  le ciel et les étoiles quand il fait nuit ?

Je me souviens de mon enfance quand j’ai cru que ma génération verrait les étoiles de plus près, alors je soupire, car je sais que la navette est rentrée pour toujours, à moins que Gravity insuffle à nouveau le « rêve de l’espace » à mes camarades humains.

 

7 –  Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ou que faisiez-vous d’étrange ?

Je cherchais à Montreuil un lieu qui n’existe plus.

 

8 – Que pensez-vous des écrivains qui « étudient le crépuscule » ?

Qu’ils ne doivent pas être myopes, eux.

 

9 – Quels sont les cinq objets étranges auxquels vous tenez ou que vous souhaiteriez posséder ?

Le manuscrit Volnych,  un crâne de pithécanthrope, un élément de Spoutnik, la dague du Sultan à Topkapi, un pied d’orchidée inconnue, le codex Seraphinianus

 

10 – Qu’auriez-vous vu et qu’auriez-vous aimé « voir » si vous aviez été aveugle ?

La musique.

 

11 – Quel est le personnage le plus étrange que vous ayez rencontré ?

Un peintre espagnol mort. J’avais dix-huit ans, je dansais en robe blanche devant les vieux franquistes du Circulo de la Union à Burgos en compagnie d’autres étudiantes françaises. Mes parents sont venus me chercher accompagné d’un ami : un homme magnifique de leur âge aux mains couvertes de couleurs franches qu’il n’avait pas jugé utile de nettoyer.

Quand il vous serrait la main, on ne savait jamais s’il allait vous laisser du rouge, du bleu ou du jaune au creux de la paume.

 

12 – Quel est le dernier film étrange que vous avez vu ?

Gravity

 (Sans dec)

 

13  – En l’instant, à l’exception de l’ordinateur, quel(s) bruit(s) entendez-vous ?

La symphonie n°2 de Bruckner mais juste après « Living on the edge » d’Aerosmith.

 

14 – Où vous êtes-vous déjà perdu ?

À Istambul et à Bangkok

 

15 – Pourquoi croyez-vous aux fantômes ?

Parce que j’en vois.

 

16 – Qu’est-ce qu’un fantôme ?

C’est une résurgence de notre passé qui nous mord aux lèvres au moment où nous nous y attendons le moins.

 

17 – Racontez-moi la bibliothèque – étrange ou non – que vous aimeriez posséder ?

La bibliothèque du Capitaine Nemo dans le Nautilus : du bois du cuivre, des volumes reliés de cuir et d’or aux tranches frappées de l’acronyme « MIM », des animaux des profondeurs empaillés au plafond, des vitrines d’insectes bigarrés, des estampes de fleurs oubliées.

 

18 – Quel est le bruit le plus étrange que vous ayez entendu – « la nuit avait l’allure d’un cri de loup », par exemple – ?

J’ai écouté la foule en 1981, j’avais 15 ans et je chantais avec elle. Nous clamions une joie pure qui semblait jaillie de trompettes déjà fêlées.

 

19 – Qu’avez-vous fait d’étrange aujourd’hui ou ces derniers jours ?

J’ai prédit hier au président de Paypal France « qu’il détruirait un grand empire »

 

20 – Vous êtes au confessionnal ; alors, confessez-moi l’innommable.

Je me lève la nuit pour voler le chocolat de mon amant.

 

21 – Qu’est-ce qu’un « cabinet de curiosités »

 Une boîte précieuse et belle emplie d’objets rocambolesques, mais qui sont l’univers à eux seuls.

 

22 – Quels sont les cinq étranges objets qui prendraient place dans votre cabinet de curiosités ?

Une montre ancienne, une carte de marin du seizième siècle, un morceau de météorite, un crâne de poulet sculpté de scènes érotiques et auquel on aurait rajouté des dents, une fève de cacao.

 

23 – Croyez-vous aux animaux qui n’existent pas et pourquoi ?

Non, j’ai du mal avec l’indémontrable.

 

24 – À la manière des herbes folles qui recouvrent les voies ferrées, quels sont les chemins de traverse que vous aimeriez emprunter ?

Puisqu’on parle de trains, j’aimerais suivre à pied une dernière fois la ligne morte qui va de Pau à la gare de Canfranc en Espagne avant qu’elle soit remise en service. Puis j’aimerais monter dans les wagons anciennement luxueux mais désormais déglingués du Talgo qui s’y est arrêté à jamais pendant la deuxième guerre mondiale, tandis qu’à la fin du conflit transitait l’or des nazis sur les autres voies.

 

25 – Quel personnage étrange aimeriez-vous être ?

La Pythie.

 Et déclarer à Bill Gates, cette fois:  « Tu détruiras un grand empire. ».

 

26 – Que vous inspire le brouillard et la nuit?

Une chanson.

 

27 - Quels sont les trois écrivains les plus étranges que vous ayez lus ?

Poe, Joyce, Queneau

 

28 – Que voyez sur les murs de la pièce où vous êtes ?

Les roses d’Héliogabale de Lalma Tadema.

 

29 – Vous prenez un train sans retour ; pour où et pourquoi ?

Mon train part pour Potsdam parce que je l’ai pris jadis et que je me suis arrêtée à Châteauroux. Je l’ai toujours regretté.

 

30 – Qu’est-ce qu’un fou et quel fou êtes-vous ?

Un fou est un être qui a trouvé des solutions inadaptées pour s’adapter à un monde invivable. Je suis une folle d’amour.

 

31 – Quelle est la pièce supplémentaire qu’il faudrait inventer au jeu d’échecs et qu’elle serait sa fonction ?

La Papesse. Elle avancerait en zigzag, prendrait en diagonale et rendrait « muette » pour un tour chaque pièce adverse prise.

 

32 – Croyez-vous en l’existence des sociétés secrètes et pourquoi ?

Non. Le monde serait mieux conduit si un grand complot mondial le régissait. Son désordre et sa bêtise sont la preuve que rien de tout cela n’existe.

 

33 – Quelle société secrète aimeriez-vous fréquenter ?

J’en fréquente déjà une mais elle est secrète. (Et très mal organisée, ce qui me convient tout à fait : du chaos, naissent la vie et le rire)

 

 

34 – Quelles sont les trois choses étranges que vous souhaiteriez faire durant votre vie ?

Je voudrai aller sur l’ISS en compagnie de mon amant et y faire l’amour en chantant Space Oddity en boucle.

 

35 – Vos moyens financiers vous permettent de soutenir de belles causes culturelles, que faites-vous ?

La Nasa.

 

36 – Quel est pour vous le plus noble et le plus étrange de tous les arts ?

La danse.

 

37 – Quel est le dernier livre étrange que vous ayez lu ?

Le Futuriste d’Olivier Cotte et Jules Stromboni (oui pour moi, les bandes dessinées sont des livres).

 

38 – Quel(s) voyage(s) dans le temps aimeriez-vous effectuer et pourquoi ?

J’aimerais aller jusqu’à la fin des temps et voir le soleil dévorer la terre. J’imagine que ce sera le dernier beau spectacle.

 

39 – Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?

Ma tronche dans le miroir, l’adolescente que je suis restée se demande qui est cette femme inconnue…

 

40 – Pourquoi aimeriez-vous vivre dans une gare, château, un presbytère, une église ou un phare désaffecté ?

J’aimerai vivre dans un phare parce que le bruit de la mer est une des plus belles musiques qui soient et que les pièces rondes de la bâtisse feraient une merveilleuse bibliothèque.

 

41 – Que se passe-t-il dans les souterrains ?

La ville s’y noie.

 

42 – Votre véritable métier n’étant pas un véritable métier, quel véritable métier auriez-vous dû, ou pu, exercer ?

Ingénieur en fusée.

 

43 – Quel est l’écrivain le plus étrange que vous connaissiez ; et pourquoi ?

Jack Ketchum

Il ressemble à ses livres.

 

44 – Où et pourquoi avez-vous déjà pensé vivre à l’étranger ?

Au Canada, à Montréal, parce que c’est la France sur une autre planète.

 

45 – Vous devenez gardien de musée ; quel musée, et pourquoi ?

Le musée Moreau. Parce que j’adore tout chez ce peintre, notamment Oedipe et la sphinge.

 

46 –  Quels sont les trois films les plus étranges que vous ayez vus ?

Koyaanisqatsi, 2001, Tampopo

 

47 – Que savez-vous des magiciens ?

Ce sont des escrocs brillants et jubilatoires.

 

48 – Quels sont les trois livres le plus étranges que vous ayez lus ?

Les Fleurs bleues de Raymond Queneau, Le siècle des Lumières – Julio Cortazar, le Syndrome du scaphandrier-- Serge Brussolo

 

49- Préférez-vous les sabliers ou les globes terrestres, les loupes anciennes ou les armes blanches ; et pourquoi ?

J’aime les armes blanches parce que je sais m’en servir.

 

50 – Pourquoi aimez-vous marcher la nuit dans la forêt ou les cimetières ?

Parce que je rentre chez moi.

 

51 – Qu’y a-t-il, selon toute (in)vraisemblance, dans les profondeurs du Loch Ness ?

Une bouteille de Lagavullin 1600 ans d’âge.

 

52 –  Quel livre étrange aimeriez-vous écrire et quel serait son titre ?

J’écrirais  l’histoire d’une femme qui vivrait aussi longtemps que l’humanité et qui raconterait son histoire, mais vue seulement du trottoir de sa maison.

Le titre serait « Chroniques de la voisine d’en face »

 

53 – Que vous inspire cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ? Sans tricher, d’où est tirée cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?

De l’autre côté de mon pont, il y a tant de fantômes que je ne le franchirai plus jamais. J’aime qu’ils soient demeurés là-bas.

De Nosferatu de Murnau.

 

54 – Que pensez-vous des animaux empaillés et quel animal empaillé souhaiteriez-vous posséder ?

Ils me font toujours un peu peur, ou chagrin ; ce qui est bizarre parce qu’après tout ( lynchez-moi) j’ai porté de la fourrure et que ce n’est pas très différent, au fond. Si je devais avoir un animal empaillé, il faudrait qu’il soit petit et commun : un moineau ?

 

55 – Quelle étrange collection aimeriez-vous imaginer ?

Une collection de bijoux qui se fixeraient sur la peau ou les yeux et vivraient en symbiose avec leur porteur, puis s’endormiraient une fois reposés dans la boite.

 

56 – Racontez-vous de façon étrange en quelques mots, en quelques lignes.

Joker

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57 – Écrivez la dernière phrase d’un roman, d’une nouvelle, d’un livre étrange à venir.

Ils décollèrent sans décolérer.

 

58 – Sans regarder votre montre, quelle heure est-il ? Regardez votre montre. Quelle heure est-il ?

6h30/6h33

59 – Quelle est votre définition de « l’étrange » ?

L’autre.

 

60 – Quelle(s) question(s) étrange aimeriez-vous me poser ?

Pourquoi ?

Publié dans Scriptor in fabula

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Celle qui écrit...

Publié le par Jeanne-A Debats

vertcoloquint

 

 

 

Le questionnaire d' Eric Poindron :


 

Quels sont les premiers conseils à donner à celle qui écrit ?

 Assied-toi et écris au lieu de parler d’écrire.

 

Faut-il accepter les conseils ?

Il ne faut jamais rien en art, mais on peut écouter.

 

Comment  – et -  peut-on concilier une carrière professionnelle et l’écriture ?

Oui, on peut. Mais sans doute que l’une des deux carrières devra céder à l’ambition de l’autre…

 

Celle qui écrit peut-elle « faire autrement » ?

Non.

 

Écrivez-vous à la main ou avec une « machine » – pourquoi ?

Au clavier. Parce que j’aime que les pages soient propres ; avant les bécanes, j’étais obligée de recopier sans cesse si j‘effectuais des corrections. Ça me prenait un temps fou.

 

Vous fixez-vous des horaires d’écriture ?

C’est la nature qui le fait : je peux écrire de 5h du matin à 12h, après c’est fini je n’ai plus de cerveau.

 

Est-ce que celle qui écrit doit commencer par la première phrase ?

Je préfère mais ce n’est pas systématique.

 

Écrivez-vous le jour ou la nuit ?

Entre les deux.

 

Celle qui écrit a-t-elle le droit de s’arranger avec sa conscience ?

Je n’arrête pas, l’arrangement le plus pratique étant l’oubli de ladite conscience sur l’étagère d’un commissariat qui a brûlé dans les années 90.

 

Où trouvez-vous vos idées ?

Dans les coins sombres.

 

Pouvez-vous écrire n’importe où ?

Non, il me faut mon antre.

 

 

Est-ce que celle qui écrit doit voir derrière les apparences ?

Je tente de le faire et n’y parviens pas souvent.

 

Quelle est votre définition de celle qui écrit ?


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Pouvez-vous écrire dans le bruit ou en musique ?

J’écris principalement en musique, des morceaux que je connais par cœur.

 

Celle qui écrit a-t-elle le droit de raconter sa vie ?

Oui, mais je fais en sorte que ça ne se voit pas. Tant et si bien que parfois je ne le vois pas moi-même.

 

Comment commencer un texte ?

Par :

« La porte ouvrit un œil bleu et me regarda. »

 

 

Comment vous habillez-vous quand vous écrivez ?

Pyjama /robe de chambre.

 

Doit-on écrire pour être lu ?

On est pas obligé.

 

Est-ce que celle qui écrit est une menteuse ?

Forcément. Et un escroc aussi, évidemment.

 

Est-ce que celle qui écrit a le droit de mentir ?

Forcément.

 

Faut-il écrire quand on n’a pas d’idée(s) ?

On écrit, alors elles viennent.

 

Celle qui écrit doit-elle se soucier de la morale ?

La... quoi ?

 

Faut-il prendre des notes ?

Peut-être mais je ne le fais jamais.

 

Celle qui écrit a-t-elle le droit de raconter la vie d’autrui ?

Oui.

 

Doit-on s’identifier à ses personnages ?

Non. Ce sont des gens.

 

Celle qui écrit a-t-elle le droit de se prendre pour un écrivain ?

On est écrivain quand on écrit, toujours, et auteur, un jour, quand on est publié.

Je ne sors pas de là.

 

Faut-il avoir un plan précis ?

J’ai tenté d’en avoir, je ne sais pas les suivre. Ou je m’ennuie, ce qui est pire. J’ai l’impression d’écrire sous la dictée.

 

Est-ce que celle qui écrit doit étudier le crépuscule ?

Je préfère l’aube.

 

Peut-on, au contraire, écrire au gré de son imagination ?

Je ne sais pas faire autrement.

 

Comment savoir si une idée mérite d’être exploitée ?

Quand le livre est terminé.

 

Celle qui écrit est-elle le plus qualifié pour juger et corriger son manuscrit ?

Juger et corriger non, accepter les jugements et les corrections oui.

 

Comment savoir quand le texte est terminé ?

On ne le sait pas.

 

Est-ce qu’un texte peut se terminer ?

Jamais. C’est pourquoi il y a des éditeurs. Pour arracher le texte trémulant à l’auteur avide de perfection.

 

Qu’est-ce que l’imagination ?

Je ne sais pas.

 

Est-ce que celle qui écrit doit se soucier de son lecteur ?

Etre compris c’est l’antinome de l’expression libre du soi, l’écrivain funambulise entre ces deux pôles, éternellement.

 

Est-ce que celle qui écrit  doit être une lectrice ?

On doit au moins l’avoir été.

 

Celle qui écrit est-elle une solitaire ?

Quand elle écrit, oui. Puis elle arrête et s’en va voir le monde car le monde est ce qui la nourrit, quand l’écriture est ce qui la soutient.

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Scriptor in fabula

Publié le par Jeanne-A Debats

 

J'ai appris quelque chose sur moi-même aux Utopiales cette année :



Aux enfants, j'écris de tristes histoires qui finissent très mal la plupart du temps


dragon

 



Aux adultes, de drôles d'histoires qui s'achèvent plutôt bien, en général.


index

 

Peut-être que j'ai envie de prévenir les premiers et de consoler les seconds...

 


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Mes meilleurs adverbes

Publié le par Jeanne-A Debats

Au commencement était absolument le verbe.

Surtout après la deuxième tasse de café.

 

Le verbe est ton ami, le verbe est le bien ( As-tu quelques minutes à lui consacrer ?) mais il est également seul, seul face au nom obséquieusement flanqué de l'adjectif.

Et il tremble.

Farouchement.

Ceci explique illico la pente idiosyncrasique de l'écrivain à lui adjoindre aléatoirement (quoique doctement) de l'aide, sous forme d'adverbes. Mais las, trop d'adverbes tuent le verbe.

Et la verve.

Lors, matutinalement, à l'heure peccamineuse où l'aube spumescente blanchit froidement la campagne,  me penché-je méticuleusement sur mes textes de la veille afin de leur faire subir presto l’obsidional supplice de la correction adverbiale. Et tandis que mes yeux cramoisis saignent recta devant l’implacabilité adamantine du désastre ( Je croyais niaisement avoir été meilleure que ça, hier ! ), je me lance franco dans l’entreprise de dégraissage nécessaire, quoique jamais suffisante* :

 

Mort aux adverbes !

 

Car, indubitablement, si le verbe immarcescible est intégralement DIEU, l’adverbe putrescent est le MAL absolu, lui !

Vous le saurez, mes frères.

 

L’adverbe irréfragable nauséabonde** âcrement de ses pieds stylistiques ; l’adverbe outrecuidant est inexorablement lourd, tel l’adolescent attardé de quarante piges au comptoir amarante du bar à putes (à boutins, pardon) ; l’adverbe cauteleux étale narquoisement son grand nez turgescent et son acné rubescente sur le texte quiet à l’aube smaragdine de sa vie, et qui ne demande pourtant  qu’à ciller en fixant piteusement la lumière coruscante du lever de soleil rutilant.***

 

 

1) Jadis

2) Naguère

3) Méticuleusement

4) Farouchement

5) Quasi

6) Inexorablement

7) Narquoisement

8) Piteusement

9) Presto

10) Indubitablement

11) Inéluctablement

12) Aléatoirement

13) Franco

14) Niaisement

15) Souverainement

16) Fielleusement

17) Derechef

18) Narquoisement

19) Andante

20) Illico

21) Doctement

22) Diaboliquement

23) Doucereusement

24) Cauteleusement

25) Lors

26) Immarcesciblement ****

27) Obséquieusement

28) Transitivement

29) Impudemment

30) Suavement

31) Âcrement

32) Carrément

33) Recta

34) Spécieusement

35) Pis

36) Captieusement

37) Incognito

38) Absolument

39) Cordialement

40) Glacialement

41)Froidement

42) Fraîchement*****

 

Vous voyez ? Force m’est de reconnaître inéluctablement que les adverbes sont indubitablement moins drôles que les adjectifs :

 ergo préciser spécieusement  le sens du verbe est inexorablement moins fun que préciser scrupuleusement le sens des noms.

On s’occupera des noms plus tard donc, à la revoyure,

 

 

 Hardbroom-copie-1.jpg

 

* Contrairement à moi qui suis souvent superflue, et parfois suffisante.

** Et je néologise, si je veux !

*** C’est vous dire si ça brille.

**** Forcément.

***** Pour finir sur une note de saison.

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Mes meilleurs adjectifs

Publié le par Jeanne-A Debats

 

 

Ce week-end fut érémitique. Des monceaux putrescents de coruscantes copies à corriger auraient dû me satisfaire pourtant, et me remplir d’extase immarcescible. Cependant, ce n’est pas sans une irréfragable envie que j’ai vu quelques-uns de mes meilleurs amis, tel de rutilants navires hanséatiques, faire voile vers Épinal, aux Imaginales.

Et nombre d’adjectifs ophidiens me sont venus en tête afin de qualifier leur conduite, j’ai même émis pas mal de suppositions cauteleuses, quant à l’usage qu’ils pouvaient découvrir de leurs dispositions callipyges. Puis, quiète, enfin, je suis retournée à mes témoignages de ce que la langue française peut connaître de déliquescent et nécessiter de vicariants palliatifs*, désormais.

Ajoutez à cela que c’est aujourd’hui la fête des andouilles qui n’ont pas eu la sagesse de demeurer bréhaignes, on a oublié de me la souhaiter, ça m’agace, je suis très aporétique comme garce.

Là-dessus, je me suis fait la réflexion nuncupative autant que spumescente selon laquelle ce qui donnait un sens plus intense à la vie c’était les copains, et je suis retournée à mes mots (à mes maux) matutinaux. Ainsi, tout en pleurant des larmes céruléennes sur mes BOUTINS** DE COPIES, les surlignant d’un stylo obsidional, vengeur autant qu’incarnat, je me suis susurré avec cette ultime et capricante insulte que vraiment les adjectifs, eux, donnaient un sens plus intense aux noms.

Et j’ai laissé tomber mes ( BOUTINS DE ) copies pour rêvasser de mes meilleurs amis à mes meilleurs adjectifs.

L’écrivain le moins outrecuidant chouchoute ses idiosyncrasiques coquetteries lexicales. Moi, j’en ai plein, elles pendouillent adamantines au plafond, elles y étincèlent rubescentes, il y a même des paillettes magenta** tintinnabulantes.

Bizarrement, je reste persuadée que quiconque n’aime pas les mots pour les mots n’est pas totalement un écrivain. J’essaye toujours de placer au moins un ou deux de cette peccamineuse liste ci-dessous que l’impayable et libidineux Troll de la Forêt de Pied Ferme ne manquerait pas d’appeler « ma boîte à joncaille ».

 

1) Coruscant (e)

2) Adamantin (e)

3) Smaragdin (e)

4) Déliquescent (e)

5) Putrescent (e)

6) Rubescent (e)

7) Cramoisi (e)

8) Incarnat (e)

9) Zinzolin

10) Amarante***

10) Pulvérulent (e)

11) Smaragdin (e)

12) Quiet (ète)

13) Ophidien  (e)

14) Cauteleux (se)

15) Immarcescible

16) Irréfragable

17) Outrecuidant (e)

18) Érémitique

19) Nuncupatif (-ve)

20) Idiosyncrasique

21) Séreux (se)

22) Rutilant (e)

23) Libidineux (se)

24) Chryséléphantin (e)

25) Céruléen (-ne)

26) Tintinnabulant  (e)

27) Fragrant (e)

28) Bréhaigne

29) Capricant (e)

30) Gibbeux (se)

31) Callipyge

32) Hanséatique

33) Obsidional (e)

34) Aporétique

35) Magenta****

36) Matutinal (e)

37) Vicariant (e)

38) Spumescent (e)

39) Peccamineux (-se)

40) Éburnéen

41) Avellanaire

42) Turgescent (e)*****

 Hardbroom

* Bescherelle, Bon usage, correcteur orthographique de windaube (cas über graves)

** Je dis plus « Putain » quand je veux être réellement grossière,  c’est trop soft.

*** J’aime le rouge au cas où vous ne vous en seriez pas aperçus.

**** J’ai appris le sens réel de cet adjectif l’an dernier après avoir cru toute ma vie que c’était une espèce d’orange mordoré. (IE : toutes mes descriptions de coucher de soleil sont fausses jusqu’en 2012 !!) (Heureusement que c’est pas un genre de vert pomme)

**** Last but not least

Publié dans Scriptor in fabula

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les Droits Imprescriptibles de l'Ecrivain* Ultime

Publié le par Jeanne-A Debats

I. le droit de NE PAS écrire.

II. Le droit de sauter des actions.**

III.Le droit de ne pas finir un livre.

IV. Le droit de réecrire.***

V. Le droit d'écrire n'importe quoi.****

VI. Le droit au barbarisme.*****

VII. Le droit d'écrire n'importe où.******

VIII.Le droit de grapiller.*******

IX. Le droit d'écrire à voix haute.********

X. Le droit de dire OUI au lecteur.

XI. Le droit de dire MERDE au lecteur.**********

 

 

 

 

 

* voir les droits imprescriptibles du lecteur D Pennac.

** L'ellipse, c'est le bien !

*** C'est pas de moi, ça, c'est pas possible !

**** Je me fous complètement du fait qu'il n'y ait PAS d'orangers en Antarctique !

***** Et ta soeur, elle en fait des anacoluthes ? Tu le veux mon oxymore dans la tronche ?

******Au café principalement, mais aussi en classe, au lit, dans la cuisine, à l'hôtel, à la piscine, à l'assemblée nationale, pendant un match de foot, pendant un match de rugby, sur son carnet de parcours à Chantaco, dans la file au supermarché etc, etc.

Accessoirement à son bureau, mais c'est moins romantique.

******* Bon, j'écris la bataille finale et la scéne de cul, d'abord !

******** Et de se prendre pour Flaubert, rien que ça !

********* T'as pas compris, ben c'est dommage ! (on notera que l'écrivain est moins poli que le lecteur)

Publié dans Scriptor in fabula

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