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scriptor in bibliotheca

Publié le par Jeanne-A Debats

Ce que j’adore avant de commencer un nouveau texte, ce sont les endroits farfelus où la nécessité de documentation nous entraîne.
Apprendre de nouvelles choses chaque jour est un bonheur, un plaisir.

 

  orang-copie-1.jpg

En soi.


Tout cela parfois pour répondre à des questions tout à fait dérisoires :

 

 



— Est-ce que les baleines vomissent ?
No news, j’ai fait comme si.


— La liste de tous les objets verts possibles 

(Et dans cette liste, une grenouille particulière de l’exacte nuance désirée, un vert un peu bleu tirant sur le céladon, sisi ) 

(Phyllobates terribilis)

(le céladon ça se voit pas bien sur mon écran, mais en vrai, ben c'est c'est vrai^^)

 

 

P.terribilis-copie-copie-2.png

 


(Ainsi que celle des adjectifs relatifs à la couleur verte)

(Que je vous livre ici in extenso)


Vert (ben tiens) (derrière on peut rajouter : pomme, gazon, wagon… etc mais c’est triché)
Émeraude (vi)
Smaragdin, e (je le colle partout celui-là, c’est un défi.)
Jade (huhu)
Tilleul
Prasin
Céladon
Véronèse
Viride
Anis
Sinople
Olive
Opalin, e
Pistache
Turquoise
Glauque (spé cassdédi à Vordaï)


— À quelle vitesse un corps se vide-t-il de son sang sous haute gravité ?
Très, très vite (Dixit un mien camarade médecin qui fut l’un de mes correcteurs pour Stratégies du réenchantement)


— Quelles plantes étaient utilisées comme pessaire abortif dans les forêts d’île-de-France au Moyen-Âge ?
Je me contenterais de dire que c’était croquignolet (et dangereux)


Pour Lance, dans l'anthologie Lancelot de Bagneux, je me suis lancée (huhu) dans des recherches tous azimuts sur la lance, les nazis, Hitler, non pas seulement historico-barjotes mais aussi  vers ce qui s’était fait d’excellent sur le thème dans d’autres genres, d’autres inspirations.

 

hitler.jpg

 


. (D’où le Tezuka que je conseille à tous et qui est un cadeau  de l’homme de ma vie).

 



Un texte donc, ça n’est pas seulement sortir de soi une histoire mais en faire pénétrer d’autres, c’est une magie à laquelle je ne renoncerai jamais.

Publié dans Scriptor in fabula

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Je hais les acteurs

Publié le par Jeanne-A Debats

Ben Hecht, célèbre scénariste et romancier, a écrit un livre assez fun un jour, un polar déjanté avec monsieur Irma à turban et orgies hollywoodiennes :

"Je hais les acteurs"

Et j'avoue, j'avoue, je partage sa position.

Bon, pas au point de sauver le monde de ces raclures à coups de pic à glace comme dans le bouquin. D’autant plus que le mutant, fils aîné de mon église, fait tout ce qui est son pouvoir pour appartenir à cette secte pénible. Les enfants savent trouver mille moyens tordus pour vous décevoir..

La norme déceptive parentale, c'est quand même dealer du shit… Non, lui c'est déclamer du Shakespeare en prenant des airs de cormorans sur un rocher battu par les vents du Bosphore.

(Ne ricanez pas, je les ai vus, rien au monde n’arbore un air plus orgueilleusement pathétique que ces bestioles.)

La Preuve :grand-cormoran-1.jpg

 

Par ailleurs, je n'ai rien contre le fait qu'une branche de l'art quelconque fasse de la métabranlette à propos de son Arrrrrrrt.

Ou même se livre à la drosophilie rétrograde, antérograde et même plantigrade à son propos.

 (Moi, la première, bref...)

(Attendez mon prochain post de blog…)

Mais de tous les artistes (à part peut-être les plasticiens contemporains), rien ne me fout dans une colère plus noire que l’acteur de théâtre ratiocinant sur les grandeurs et les misères du métier.

Surtout quand en prime, ils glorifient des méthodes pédagogiques qui tiennent du terrorisme, et que j'abhorre tout particulièrement...

(Donner des instructions cryptiques, pousser le débutant à se planter gravement, l'écraser ensuite, soi-disant pour le "libérer". De quoi ? Certainement pas de son gourou de prof à qui il lèche les bottes pour éviter la prochaine baffe.)

Ceux de cinéma ne me font pas cet effet-là, même quand ils se livrent aussi à la métabranlette. Ne serait-ce que parce qu’en fait, c’est le réalisateur qui joue avec ses marionnettes. Le truc surtout, c’est qu’au cinéma, je ne les vois pas eux. L’ego passe difficilement la barrière de la pellicule.

Tandis qu’au théâtre…

L’ego dégouline, sue, cerne et noie les spectateurs dans une vague de guimauve autocentrée et de private jokes poussives.

Quel que soit le rôle, quel que soit le talent, la modestie, ça n’est pas le rôle que je vois, c’est le type. Et celui-là n’est pas comme Juliette ou Roméo, on ne me l’a pas présenté, je n’ai pas forcément envie de le connaître.

Ben non.

Voire pas du tout, vu que je ne confonds pas le rôle avec le type, et que le mec/la nana celui avec le/laquel/lle ça m’intéresserait de causer, c’est le/la scénariste ou le/la dramaturge.

(Donnez-moi 5 mn avec Hélène Cixous qu’on s’engueule^^)

Je ne suis pas de celles qui se ruent à l’entrée des artistes.

Et ça me fait chmirr d’applaudir.

SiSi.

Et pas seulement à cause de ma fibromyalgie qui rend l’exercice douloureux. Je suis gentille (SiSi), j’applaudis forcément. À moins de trois rappels, je me sens coupable. Et je déteste cette prise d’otage affective.

Parce qu’ils aiment ça, ces cons. Et que si on ne le fait pas, ils vont se suicider au cointreau fraise ensuite. Alors quelle qu’ait été l’étendue de mon ennui, pendant les heures perdues devant la pièce, j’applaudis.

En râlant.

Moi, lorsque je finis un bouquin, je m’offre un verre whisky avec mon bonhomme, parfois on va au restau, mais je convoque pas le ban et l’arrière ban pour qu’il me congratule. Bienheureuse encore, quand un brave garçon (merci Lone Sloane au fait) vient me dire trois ans plus tard que la Vieille Anglaise lui a bien fait plaisir, à lui l’amateur de SF.

Parce que lui, au contraire de certaine encyclopédie de SF récente,  s’est aperçu que j’en écrivais^^.

Bon, c’est vrai que depuis un moment on a FB, pour poster nos affres écrivaillones, et que les copains viennent liker en masse nos succès ou nous balancer du câlin à tour de bras en cas d’échec. Mais ce n’est pas pareil, d’ailleurs 80 pour cent d’entre eux sont des auteurs, des vieux copains ou même nos éditeurs. Et puis on fait pas payer pour ça.

Sauf Annie Hernaux.

Un danseur classique de ma connaissance me déclarait il y a peu : « La danse doit paraître facile ; tout doit paraître évident, transparent. Le spectateur ne doit pas sentir les heures de travail, de sueur, de larmes derrière, c’est irrespectueux pour lui et au fond ça ne lui raconte qu’une seule histoire : celle de l’artiste. Dont  il se fout. »

Quant à Stanislas Lem, il disait de la SF que c’était la seule littérature à se préoccuper de l’humanité, les acteurs de théâtre se contrefoutent de l’humanité comme de leur premier loup en dentelles. Ces dernières années, ce qui les branchent, ce sont les acteurs et le théâtre.

Et moi je m’en tape.

Je ne dis pas que ça ne fait pas de bonnes pièces, je ne dis pas qu’elles sont mal jouées, ni mal montées. Je dis que ça m’emmerde et que ça me fout en colère.

Je m’explique assez bien d’ailleurs cette colère, elle n’est pas dénuée de mauvaises pensées.

Mon problème avec ça, c’est l’ego (encore une fois). Et moi-même je n’en suis pas dépourvue, c’est le moins qu’on puisse dire. Les acteurs qui se regardent dans le miroir et détaillent leur nombril m’en tendent un autre TRES grossissant où je n’aime pas me regarder.

En gros, la coquetterie, je comprends, ô combien, j’ai des milliers de pampilles à la maison pour en témoigner, mais la métacoquetterie, je trouve ça indécent et superfétatoire.

Ça me donne chaque fois une envie folle d’envoyer tout ce petit monde torturé pousser des wagonnets au fond des mines, histoire de lui apprendre la véritable signification du mot « affres ».

Je suis désolée vraiment.

Et à part ça « La Marionnette et son double et Vitez en effigie » au Théâtre aux mains nues à Paris 20° est pas du tout un mauvais spectacle, c’est même souvent très rigolo, très bien joué, juste,voilà, c'est du théâtre.

Avec des acteurs.

 

(Mon dieu, y'avait même du Claudel !)

 

MOI, mon ego, je.

 

Si pas vous, allez-y.

 

moliere.jpg

 

T'façon, j'aime pas Molière.

 

Et j'assume.

 

(sisi, même dans Dom juan)

 

(Sorry)

Publié dans BadtasteReich

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Bagneux 2014 : Lancelot

Publié le par Jeanne-A Debats

 

À Bagneux, Jérôme Vincent, anthologiste, nous déclare :

 

 

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David Khara...

Publié le par Jeanne-A Debats

Et pour fêter  la semaine du salon du livre, notre invité  est un talentueux auteur de thrillers,


Mesdames et Messieurs,


(roulements de tambours)


David S. Khara

 

Khara.jpg

 

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Changelin II

Publié le par Jeanne-A Debats

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Certains cris sont devenus des mots. Et l’enfants des fées vous aime, ou a confiance en vous. La différence est ténue, alors vous vous en fichez. Vous pouvez le toucher, l’apaiser parfois d’une caresse, il semble aimer que vous lui chatouilliez le creux de la main, ou cet espace tendre entre les omoplates.


Vous savez que c’est extraordinaire. Ses pareils ne supportent pas souvent le contact, les baisers. Les approcher revient à les torturer. Vous pensez à ces autres parents qui n’ont même pas cela : quand le vôtre vient briser vos genoux en les escaladant comme des montagnes, ou enfonce votre sternum d’un coup de coude, ou saisit la chair à pleines mains comme si vous étiez d’acier ou un meuble.



Parce que c’est plus pratique pour monter.

 

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Lui, quand il tombe, quand il se cogne, quand il se relève, front ou rotules en sang, il ne pleure pas. Il ignore la douleur, le froid, la faim. Un jour, il chute de son lit, il faudra trois points de suture ; il regardera le médecin le recoudre, sans bouger, sans anesthésie, juste curieux.


C’est un enfant de pierre.

 

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Ainsi, un autre jour, il attrape une bronchiolite. Le flapping ne fonctionne pas : il est hypertonique et ça ne date pas d’hier. Impossible de le masser au niveau de la poitrine, chaque muscle est tendu au maximum. Le kiné a beau s’escrimer, il ne peut rien faire. Rouge, en sueur, furieux, il se tourne vers vous et hurle avec colère et dédain, l’insondable dédain des soignants pour les mères, leur méfiance instinctive, comme s’ils avaient affaire à des rivales :


-- Sortez, madame ! Vous l’autorisez à me résister !


Vous vous apprêtez à balbutier que ce n’est pas vrai. Mais c’est l’époque où l’on ne cesse de seriner que tout ce qui arrive est de votre faute, parce qu’il faut bien que vous compreniez que vous n’AIMEZ PAS cet enfant. Oui, cet enfant avec lequel vous passez des heures à lui montrer un geste désespérément simple : comment sourire, tenir un jouet, allumer la lumière, faire des bulles dans le bain, mâcher un bonbon, reconnaitre le rouge du bleu, connaître son nom, y répondre.


Cet enfant-là, sachez-le, vous ne l’AIMEZ PAS.

 


 

 

Alors, vous baissez la tête. Coupable, forcément coupable. Heureusement, le père est là. Il repousse fermement le kiné, prend l’enfant sous son bras et vous, son ex-compagne sous l’autre, il sort calmement, sans rien dire.

Le kiné vous poursuit la facture à la main, le père se retourne comme un serpent et siffle :


-- Dis-toi un truc, connard, si je sors mon chéquier, ce sera pour te l’enfoncer dans le cul !


Le kiné vous laisse partir, tous les trois, béant et blême.


diafoirus.jpg


C’est l’époque où l’on vous a tellement piétinée, crucifiée, méprisée, que vous la guerrière, n’êtes plus qu’une ombre pâle retenant l’enfant de force vive au bord des gouffres.

 

Toute la force qui vous reste.

 



Mais le père n’est pas toujours là. Il a été muté, loin. L’ombre doit se résoudre à porter sa cuirasse quotidienne et vaciller sous son poids dans les rues, de médecins en écoles, de psychomotricien en psychanalyste, d’hôpital en centre de ressources. Votre vie n’est plus qu’une salle d’attente semée d’exemplaires défraîchis de l’autojournal.


Mais chaque jour, à six heures, il est un oasis.

Malgré tout.

 

CT0557


C’est un rade minable sur le boulevard d’une ville de banlieue. Il s’appelle l’Escale et son patron Driss est un grand mec jadis brun, aujourd’hui d’un blanc de neige en frisettes. Les pattes d’oies au coin de ses yeux sont deux sourires éternels, plantés de chaque côté de son long visage basané.


Il vous voit arriver avec la poussette et se précipite vers vous.


-- Salut, Madame JAD, allez vous mettre en terrasse ! On vous a gardé votre place,  Momo vient tout de suite !


L’enfant regarde le grand homme se courber sur lui pendant qu’il le détache de sa poussette avant de l’emporter, calé sur sa hanche. Vous vous effondrez à la place susdite. Le garçon, Momo, vous sert un café à la cardamone, brûlant comme l’enfer, sucré comme la vie.


-- Prenez votre temps, Madame JAD, ils jouent.


Vous fermez les yeux pour la première fois de la journée. Les copains entrent et vous saluent au passage. Vos muscles se dénouent. Dans votre dos, des cris et des rires éclatent. Des tintements, parfois un verre brisé. Momo sort, dans ces moments-là, en vous assurant que c’est lui, le coupable. Vous savez qu’il ment, que l’enfant a eu un geste trop brusque ; mais vous acceptez le cadeau de ce mensonge avec une reconnaissance si totale que vous ne levez même pas un sourcil.


Votre café est bu, vous vous relevez et entrez à votre tour dans le café pour régler l’addition, il est temps de retourner à la maison, le soir tombe.


 L’enfant est perché sur les genoux de Driss, sur le haut tabouret de bar derrière le zinc.

 Les mains plongées dans la caisse, il envoie billets et pièces de monnaies aux quatre vents en poussant des cris ravis quand ils retombent en pluie un peu partout. Les clients hurlent de rire en ramassant le butin afin de réalimenter le mini- terroriste en projectiles. Le désastre est total, et la joie générale.


— On en fera pas un capitaliste, madame JAD, conclue sérieusement Driss.



 Vous riez, et cette fois c’est un vrai rire.

 

 

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Changelin I

Publié le par Jeanne-A Debats

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Imaginez que vous ayez un bébé parfait. Il est beau. Il est gracieux. Il est fort. Il fait ses nuits quasiment tout de suite, et elles sont longues. Vous oubliez vite l’horreur qu’a été votre accouchement pour adorer ce miracle qui gémit à peine pour signifier qu’il a faim, puis, repu, sourit aux anges dans son berceau. Il gazouille, parfois même il rit tout seul. Vous ne savez pas pourquoi, mais vous riez avec lui.


Vous avez tort de rire.


Puis il apprend à marcher et l’enfer se déchaine. Il ne gazouille plus, il hurle. Des cris terribles, térébrants, des cris qui vous prennent aux tripes avant de vous assourdir. Des cris qui vous tuent. Des cris qui ne s’éteignent que lorsqu’il s’endort. Parce que le vôtre dort… d’autres comme lui ne dorment jamais, leurs parents en meurent.


Vous, vous survivez.

Tout juste.

Mais vous survivez.


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Il ne marche pas d’ailleurs, il vole. Il est partout à la fois et nulle part. Rien ne l’arrête, ne l’apaise, ne l’intéresse. Il ne prend plaisir à rien et c'est sans doute cela le pire. Les fées sont venues, elles ont volé l’enfant parfait et l’ont remplacé par un des leurs qui meurt de ne pas dénicher Avalon.


Il est autiste.


Un jour, le mot tombe comme une condamnation, on vous le donne, on vous en fait l’aumône, mais le plus souvent, il vous a fallu l’arracher ; personne ne souhaitant jamais vous dire la vérité -- de peur de "verrouiller le diagnostic", vous dit-on.


Mon cul.


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 On a eu surtout peur de vous regarder en face au moment de l’énoncé. Peur que vous compreniez que ces interminables séances de psychanalyse ­ -- où l’on a essayé de vous faire avaler, jour après jour, que votre enfant mourait de votre soi disant désamour, où l’on vous a soigné, vous, d’une maladie que vous n’aviez pas, sans traiter ses symptômes à lui, qui le tuent et vous tuent --  n’ont servi qu’à vous épuiser un peu plus, qu’à assurer  sur vous la toute-puissance d’un soignant terroriste.


Ce même soignant se montrera encore plus nuisible plus tard --, incapable de se remettre en cause, ni lui, ni le credo de sa chapelle, malgré les faits nouveaux, les études récentes qui lui ont hurlé encore plus fort que votre enfant qu’il se trompait, que son église avait tort.

Lorsque vous lui écrirez qu’on a diagnostiqué votre enfant et que vous le priez d’écouter mieux ses patients la prochaine fois, pour faire moins de dégâts, ce soignant ne vous répondra pas. Mais dans votre dos, il écrira à son tour une lettre aux nouveaux praticiens en charge de votre fils pour les prévenir que vous êtes fabulatrice et dépressive.



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(D'accord, c'est un point godwin, mais je m'en tape et le pense .)


Cela dit, dépressive vous l’êtes, surtout si la dépression consiste à manifester du chagrin devant les événements malheureux.


Puis, l'enfant grandit. Il progresse, lentement, mais il progresse. Vous vous battez pour chaque acquisition qu’un enfant normal obtient sans y penser. Il faut même le forcer au plaisir. En attendant, il vous traverse si vous vous dressez sur son chemin. Il ne sait même pas qu’il est là, comment se rendrait-il compte de votre présence ?


 Il est assez grand pour faire un peu de sport. Vous pensez que le contact avec les animaux, une façon différente de penser le monde, lui permettrait de voir les choses autrement. Vous l’emmenez apprendre à monter à cheval. Tout va bien, les moniteurs sont patients, dévoués. L’heure qu’il passe à la carrière monté sur son poney docile, vous vous reposez un peu au club-house devant un café, le seul café tranquille et silencieux de votre semaine.


Vous respirez.


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Doucement, pour ne déranger personne.


 

CT0557.png

 



Un jour, le téléphone sonne. Le moniteur répond en mettant le haut parleur. Et votre café  gèle dans votre tasse parce que voici ce que vous entendez :


­­-- « Bonjour, je suis madame XXX, la maman de la petite Y. Je tiens à vous rappeler au préalable que ma fille vient cinq fois par semaine. »


Le moniteur, perplexe :


-- Je suis au courant. Et ?


-- « Avec d’autres parents, nous sommes réunis et nous sommes tombés d’accord : le petit handicapé que vous accueillez dans le groupe de ma fille nuit à la rapidité de ses progrès ainsi que de ses petits camarades, nous pensons que pour le bien de tous, il vaudrait mieux qu’il aille dans un autre cent… »


Le moniteur a coupé le son. Il se tourne vers vous et vous dit d’une voix très douce :


-- Sortez, Madame JAD, s’il vous plait.


Anéantie, vous obéissez. Vous êtes si écrasée qu’aucune pensée cohérente ne fait surface. Vous vous adossez au mur de vieilles pierres, au soleil. Dans le lointain, vous entendez votre enfant crier. Mais depuis le temps, vous avez compris que ce cri-là est un cri de joie et d’amusement. Votre tête est vide. Vous attendez le retour du moniteur. Sachant ce qu’il va dire…


Il sort enfin, se roule une clope et l’allume avant de dire :


-- C’est con…


Glacée, vous ne parvenez pas à répondre. Il ajoute en tirant sur sa clope :


-- Va falloir que je remonte un autre groupe autour de votre gremlin, je viens de virer cinq  graines de salopards.

 

 (to be continued)

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Rupture Post-moderne

Publié le par Jeanne-A Debats

(Paris, Août 2013)

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Le serveur :


"Excusez moi, Madame, j'en ai pour une minute: je suis en train de rompre avec mon ex"


Moi :

"En effet, c'est difficile de rompre avec une ex. Prenez votre temps ! "


Lui :

" C'est super compliqué, vous voulez dire ! Je sais plus quoi mettre en statut facebook !? "


Moi :

"Vous souffrez beaucoup, donc  ? "


Lui :

"Oui. Bizarre, hein ?"

 

 

(Cute)

 

 

 

 

 

(Et là tout d'un coup, je pense à ce pauvre FH que d'aucuns s'amusent à décrire en redoutable prédateur sexuel parce qu'il a eu 4 femmes officielles dans sa vie ^___^)

 

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( Flamby ! )


 

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Eternity Broadcasted *

Publié le par Jeanne-A Debats

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Petit con

Publié le par Jeanne-A Debats

Je t'ai vu.

Tu as regardé les deux mecs qui fumaient à côté de moi. Puis tu m'as choisie. Une nana seule, c'est toujours plus sympa. Tu es venu vers moi avec un sourire rigolard à tes potes, en roulant des épaules.
Tu m'as demandé une clope.
C'était presque un ordre. Tu étais certain que je dirais oui.
Sauf qu'aujourd'hui, j'ai eu mon content de connards. J'ai refusé poliment.
Et tu m'as traitée de pute.
Bien sûr.
J'ai répondu :
"Oui, comme ta mère."
T'en es pas revenu et tes copains se sont foutus de toi.
Tu m'en aurais bien collé une sauf que les flics sont passés à ce moment là.
J'espère t'avoir pourri ta journée, à toi, le petit con de trop.

 

 

 

(JAD à Bordeaux, Novembre 2013)

 

 

 

 


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"Tu sais que tu es un (e) écrivain (e)* quand..."

Publié le par Jeanne-A Debats

Pour commencer la semaine plus joyeusement que nous l'avons terminée,


(et pour oublier les milliers de gens, aveuglés par leur foi ou leur ignorance, ou tout simplement leur propension débridée à penser qu'ils ont droit de décider pour le ventre des autres, qui ont défilé hier dans nos rues, prétendant préférer un embryon non désiré a une femme vivante et libre... x_x )


c'est un grand défenseur de la cause de l'avortement légal et libre depuis le début, un vulgarisateur des méthodes de contraception qui ouvre ce lundi avec nous.

 

Tout autant que médécin militant, il est également romancier et grand fan de séries, ce dont il n'a pas manqué de faire état dans de nombreux ouvrages érudits.

 

 

Mesdames et messieurs :

 

 

MARTIN WINCKLER**!!!!!

 

 

 

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  (étalonnage surveillé par le Guéridon, mais je suis pas encore très douée)

 

 

 

Je reste une inconditionnelle de sa "Maladie de Sachs" (merveilleuse adaptation ciné par Michel Deville) et de "Trois médecins" (on est Dumasienne ou on ne l'est pas)

 

 

 

* Ouais ?

** Cette fois je bafouille parce que je suis en fan mode, ça m'arrive, rarement, mais ça m'arrive...

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